Wall Street : sans capitulation, pas de rebond durable !

Jérôme Boumengel 4
Wall Street : sans capitulation, pas de rebond durable !

Sur les marchés financiers, les intervenants sont constamment balancés entre deux émotions : l’avidité et la peur. Si la première est une propriété des marchés haussiers, la seconde est une caractéristique des marchés baissiers. La peur est un réflexe ancré dans notre cerveau reptilien dont l’objectif est de nous inciter à nous écarter très rapidement d’un danger susceptible de nous menacer. Sur les marchés financiers, le danger c’est de perdre tout ou partie de son capital, et si les baisses sont généralement plus rapides que les hausses, c’est parce que la peur est plus contagieuse que l’euphorie. La propagation de la peur est très rapide et atteint son paroxysme avec la phase de panique, une notion qui renvoie à l’image d’un affolement collectif.

Ce phénomène de panique boursière intervient quand le seuil critique d’acceptation de la baisse est atteint, ce qui se traduit par des ventes massives de titres conjuguées avec une accélération de la baisse. Difficile toutefois de définir ce seuil critique et donc de déterminer avec précision son timing. En revanche, l’apparition de volumes énormes permet d’identifier la fin d’une phase de panique et donc de profiter du rebond qui se produira par la suite.

En effet, la finance comportementale, un courant de pensée qui n’a fait que théoriser les observations empiriques faites depuis deux cents ans, explique ce phénomène de « capitulation » par le concept d’aversion aux pertes ; les investisseurs affichent une propension à regrouper leurs pertes pour en minimiser l’impact négatif sur leur bien-être. Autrement dit, ils préfèrent solder en une fois les positions qui sont dans le rouge plutôt que de les espacer. C’est bien connu, la pilule amère passe beaucoup mieux si on l’avale en une fois que si on l’ingurgite en plusieurs prises !

Après cette rapide explication, tirée de « Psychologie boursière et Prévision chartiste », observons ce qui se passe sur le père des indices boursiers. La phase de distribution du Dow Jones a débuté la semaine du 5 février, avec une forte et rapide correction où plus de 3 milliards de titres ont été échangés sur les seules valeurs du Dow Jones. A partir de juillet, l’indice s’est redressé pour atteindre une seconde fois des plus hauts historiques.

On peut remarquer que ce redressement s’est accompagné d’une diminution des volumes de transactions. La hausse des prix n’a donc pas résulté d’une augmentation de la demande, mais d’une diminution de l’offre. Or cette configuration technique constitue habituellement un signe avant-coureur de correction des marchés. On peut également constater que la correction qui vient de s’amorcer s’accompagne d’une augmentation des volumes de transactions ( = déplacement vers le bas de la courbe d’offre), mais que les volumes n’ont rien d’excessif. J’en déduis qu’il n’y a encore pas eu de panique, et qu’il est trop tôt pour revenir sur le marché.

J’ajoute que l’on peut voir apparaître une formation en double top, laquelle fait courir le risque d’un retour de l’indice à 20900 points, soit un potentiel de baisse de -15%.

 

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Commentaires

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Bercho 02/11/2018

Rejet sur résistance sur DJ ?

 

Bercho

31.didier 11/11/2018

Bonsoir Jérôme,

Un question un peu hors sujet par rapport à votre article : bien que la nature de ces taux soit totalement différente, pouvez-vous svp m'indiquer s'il y a malgré tout une quelconque relation entre les taux directeurs des banques centrales et les taux à long terme des emprunts d'état ? (OAT, Bund, T-Bond... ).

Merci, cordialement


Jacques 05/11/2018

Bonjour Jérôme,

 Toujours impressionné par ta vision si claire des choses!!

Ma question va peut-être sortir de ton propos mais une réponse serait très utile à un débutant comme moi..

J'ai essentiellement des placement plus à long terme (SICAV) et ma question est quelle est le meilleure type de sicav pour passer cette période de BEAR market (de +/- 18 mois, si j'ai bien compris)?

Composition: plus actions/obligations/monétaire..?

Pays: Europe/Amérique/Emergents...?

L'idée est de rentrer de nouveau dans des SICAV plus risquées au moment de la reprise des marchés mais, en attendant, de conserver l'argent dans des placements moins risqués mais avec malgré tout avec un rendement positif (si possible)

 

Merci d'avance pour tout commentaire,

Bien à toi,

Jacques

Jérôme Boumengel 08/11/2018

Bonjour Jacques,

Je regarde ça et reviens vers toi.

Bien à toi.