Wall Street : sans capitulation, pas de rebond durable !

Jérôme Boumengel 9
Wall Street : sans capitulation, pas de rebond durable !

Sur les marchés financiers, les intervenants sont constamment balancés entre deux émotions : l’avidité et la peur. Si la première est une propriété des marchés haussiers, la seconde est une caractéristique des marchés baissiers. La peur est un réflexe ancré dans notre cerveau reptilien dont l’objectif est de nous inciter à nous écarter très rapidement d’un danger susceptible de nous menacer. Sur les marchés financiers, le danger c’est de perdre tout ou partie de son capital, et si les baisses sont généralement plus rapides que les hausses, c’est parce que la peur est plus contagieuse que l’euphorie. La propagation de la peur est très rapide et atteint son paroxysme avec la phase de panique, une notion qui renvoie à l’image d’un affolement collectif.

Ce phénomène de panique boursière intervient quand le seuil critique d’acceptation de la baisse est atteint, ce qui se traduit par des ventes massives de titres conjuguées avec une accélération de la baisse. Difficile toutefois de définir ce seuil critique et donc de déterminer avec précision son timing. En revanche, l’apparition de volumes énormes permet d’identifier la fin d’une phase de panique et donc de profiter du rebond qui se produira par la suite.

En effet, la finance comportementale, un courant de pensée qui n’a fait que théoriser les observations empiriques faites depuis deux cents ans, explique ce phénomène de « capitulation » par le concept d’aversion aux pertes ; les investisseurs affichent une propension à regrouper leurs pertes pour en minimiser l’impact négatif sur leur bien-être. Autrement dit, ils préfèrent solder en une fois les positions qui sont dans le rouge plutôt que de les espacer. C’est bien connu, la pilule amère passe beaucoup mieux si on l’avale en une fois que si on l’ingurgite en plusieurs prises !

Après cette rapide explication, tirée de « Psychologie boursière et Prévision chartiste », observons ce qui se passe sur le père des indices boursiers. La phase de distribution du Dow Jones a débuté la semaine du 5 février, avec une forte et rapide correction où plus de 3 milliards de titres ont été échangés sur les seules valeurs du Dow Jones. A partir de juillet, l’indice s’est redressé pour atteindre une seconde fois des plus hauts historiques.

On peut remarquer que ce redressement s’est accompagné d’une diminution des volumes de transactions. La hausse des prix n’a donc pas résulté d’une augmentation de la demande, mais d’une diminution de l’offre. Or cette configuration technique constitue habituellement un signe avant-coureur de correction des marchés. On peut également constater que la correction qui vient de s’amorcer s’accompagne d’une augmentation des volumes de transactions ( = déplacement vers le bas de la courbe d’offre), mais que les volumes n’ont rien d’excessif. J’en déduis qu’il n’y a encore pas eu de panique, et qu’il est trop tôt pour revenir sur le marché.

J’ajoute que l’on peut voir apparaître une formation en double top, laquelle fait courir le risque d’un retour de l’indice à 20900 points, soit un potentiel de baisse de -15%.

 

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Commentaires

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Jacques 05/11/2018

Bonjour Jérôme,

 Toujours impressionné par ta vision si claire des choses!!

Ma question va peut-être sortir de ton propos mais une réponse serait très utile à un débutant comme moi..

J'ai essentiellement des placement plus à long terme (SICAV) et ma question est quelle est le meilleure type de sicav pour passer cette période de BEAR market (de +/- 18 mois, si j'ai bien compris)?

Composition: plus actions/obligations/monétaire..?

Pays: Europe/Amérique/Emergents...?

L'idée est de rentrer de nouveau dans des SICAV plus risquées au moment de la reprise des marchés mais, en attendant, de conserver l'argent dans des placements moins risqués mais avec malgré tout avec un rendement positif (si possible)

 

Merci d'avance pour tout commentaire,

Bien à toi,

Jacques

Jérôme Boumengel 08/11/2018

Bonjour Jacques,

Je regarde ça et reviens vers toi.

Bien à toi.


Jacques 20/11/2018

Bonjour Jérôme,

As-tu eu l'occasion d'y regarder?

D'autre part, vas-tu écrire une chronique (sur F2ic)  en novembre?

Merci d'avance,

Bien à toi,

Jacques

gsmjm.gsmjm@gmail.com


Jérôme Boumengel 20/11/2018

Bonjour Jacques,

Concernant ta première question, j'éviterai les actions, qu'elles soient américaines, européennes, émergentes, small ou large.

Je privilégierais les obligations à courte ou moyenne échéance de la zone euro (exceptée l'Italie).

Quant aux sicav monétaires, elles affichent un rendement nominal légèrement négatif, donc il est plus intéressant de placer ses liquidités dans le livret A, LDD ou autres...

Sinon ma prochaine chronique sur le site de la F2Ic sortira le 14 décembre.

Bien à toi.


Jacques 20/11/2018

Grand merci Jérôme

Bien à toi,

Jacques


Etienne 27/12/2018

Bonjour Jérôme

Votre objectif de 4600 sur le cac à été rallie. Que conseillez vous de faire ?

Bonnes fêtes !

Jacques 27/12/2018

Bonjour,

En effet les chutes sont importantes ces derniers jours tant en Europe qu'au USA..

Est-on déjà arrivé au maximum de la chute? Peut-on réinvestir en action (investissement à moyen/long terme) en Europe, aux USA? 

 

Meilleurs voeux,

Jacques


Jérôme Boumengel 31/12/2018

Bonjour Etienne et Jacques,

Concernant le CAC40 et dans la mesure où la dynamique est baissière, j'attendrai un rebond de l'indice en direction des 4950 points pour prendre des positions à la baisse et jouer une prolongation du bear market.

Il est également possible d'attendre un nouveau repli du CAC40 sur 4550 pour prendre quelques positions acheteuses et jouer un redressement court terme vers les 4950 points.

Je vous souhaite de passer un bon réveillon.

Jérôme