Tout le monde attend B.B.

Marc GILSON 0
Tout le monde attend B.B.

En écoutant les nouvelles venues du monde (et on ne parle jamais du bonheur, qui n'est pas intéressant), il n'est pas possible d'ignorer que toute la planète est sous le joug de la crise.

En Turquie, au-delà des réclamations autour d'un projet immobilier voulu par le Pouvoir, une masse de jeunes et de moins jeunes réclame plus de liberté de penser et d'agir, corollaire -pour eux- de la croissance économique. Cela rappelle les revendications de la perestroïka.

Au Brésil, en panne de croissance et victime d'une inflation de plus de 6%, les populations réclament plus de justice sociale et se focalisent sur les dépenses autour du Mundial, jetant ainsi par terre le veau d'or jadis adoré qui symbolisait l'union du pays autour du progrès social enregistré depuis le début du siècle mais devenu insuffisant maintenant que ces mêmes populations y avaient gouté.

En Chine, on vient de connaître un couac sur le placement de nouveaux emprunts d'Etat, insuffisamment souscrits, destinés semble-t-il surtout à la recapitalisation des banques commerciales. La banque centrale va devoir relâcher ses exigences de dépôt obligatoire de garanties pour permettre aux banques de retrouver des moyens d'action. Et cela n'empêche pas l'immobilier (qui se raréfie) de flamber et on peut voir se renforcer les écarts entre les classes sociales.

En Hongrie, la pauvreté s'amplifie sur fond de rigueur et de suppression d'avantages sociaux, dans un pays qui est victime des vraies délocalisations, celles qui ne cherchent que la main d'œuvre à bas coût et qui déplacent leurs usines en laissant derrière elles des friches industrielles et des personnes souvent peu qualifiées et vite abandonnées par le système de redistribution.

En France, les salaires des fonctionnaires se voient gelés pour la quatrième année d'affilée alors que l'inflation est bien réelle, que les loyers restent très élevés. Dans les micros-trottoirs, ces personnes jugées privilégiées pourtant expliquent qu'elles renoncent de plus en plus au superflu, qu'elles calculent au plus juste leurs dépenses; ce qui contribue encore plus au mal-être des commerces et de la consommation en général.

Voilà donc pour ces nouvelles, en vrac et bien partiellement.

Pendant ce temps, l'euro flambe, les marchés boursiers se comportent bien même s'ils sont volatils en raison de leur obsession actuelle: les politiques accommodantes des banques centrales vont-elles continuer?

A ce sujet, Kit Juckes (Société Générale Cross Assets Research) a constaté que les trois bulles financières significatives de ces trente dernières années sont arrivées lorsque la FED maintenait  trop longtemps ses taux en dessous du taux réel de croissance de l'économie. On vous passe les détails pour arriver à sa conclusion: selon lui, on serait dans 'la bulle qui va terminer les bulles'. La nervosité des bourses des marchés émergents serait le signe avant-coureur.

Le graphique ci-dessous montre en bleu l'évolution du PIB nominal (sur un an glissant) et en brun le taux de référence de la FED.

Retenons de tout cela que la crise s'est étendue pour de vrai aux économies émergentes mais que les vieilles économies tiennent encore la tête hors de l'eau grâce ou malgré leurs politiques de rigueur. Mais il est bien possible que les marchés boursiers corrigent solidement dès que les taux 'de faveur' des banques centrales remonteront. Et qu'alors on serait dans une situation nettoyée, une page blanche à écrire, une table rase du passé.

Ce soir, on saura ce que Bernanke prévoit en matière de taux….

@MarcGilson

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