S&P500 : que dit l’analyse technique ?

Jérôme Boumengel 8
S&P500 : que dit l’analyse technique ?

L’analyse technique du S&P500 indique que le rebond de février, qui avait débuté comme un rallye à court terme visant à corriger une partie de la chute du début de l’année, est en passe de se transformer en un mouvement haussier à moyen terme. Cette reprise est générale et le nombre de titres du NYSE ayant atteint un nouveau sommet, est le plus élevé de ces 12 derniers mois.

En analyse technique, le plus important est d’analyser les relations entre les prix et les volumes. Or dans le cas qui nous intéresse, la vigueur du rebond s’appuie sur un retour de la pression acheteuse. C’est ce qu’indique la configuration de l’obvgram du S&P500, qui pour la première fois depuis 2 ans, est remonté au-dessus de ses moyennes mobiles de référence : le rapport de force entre les acheteurs et les vendeurs est redevenu favorable aux premiers, un gage de pérennité du mouvement de hausse.



Après la sortie par le haut d’un biseau, en 2013, le S&P500 s’est octroyé une progression de près de 40%. A partir de l’été dernier, l’indice américain est entré dans une phase de baisse que j’ai surestimée. Je pensais en effet que la correction irait beaucoup plus bas, mais la configuration graphique s’est sensiblement améliorée ces dernières semaines.

Tout semble indiquer que les indices boursiers américains sont dans les starting-blocks pour réaliser une nouvelle vague de hausse. En toute logique chartiste, la sortie par le haut du canal baissier ouvrirait la perspective d’une remontée de l’indice S&P500 jusqu’à 2300 points.


 

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Commentaires

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titbern 14/04/2016

si on compte les vagues d'Eliott ,le SP 500 devrait aller encore une fois à 1800 pour faire la 5 ième vague .mais ce n'est que mon avis bien sur.

Jérôme Boumengel 14/04/2016

Si vous comptez de cette manière, cela veut dire que le mouvement de baisse sur le SP500 ne constitue que la vague A d'un mouvement de correction en ABC : 5 vagues pour la A (impulsion baissière qui ne serait donc pas encore achevée à l'heure actuelle), 3 vagues pour la B (vague correctrice) et 5 vagues pour la C (seconde impulsion baissière).

Moi je vois un décompte différent :


Hamlet 14/04/2016

Bonjour Jérôme,

 

P/E du SPX à 24.07 hier, soit un des plus hauts historiques. En cas de récession (le plus probable) les marchés doivent perdre environ 50%. Historiquement ça s'est toujours passé comme ça.

Fondamentalement, les USA sont au bord de la récession (en réalité ils y sont déjà avec l'ancien mode de calcul du PIB). Le taux de chômage à 4.9% ferait rigoler même un enfant de 3 ans. Il est obtenu en excluant 94.5 millions d'américains en âge de travailler des listes (chiffre officiel du bureau of labor)

 

L'ensemble de la capitalisation US est de $21.5 trillions, contre un PIB de $18.5 trillions. Soit un ratio de 117, très élevé même en période de forte croissance (3/5%). Or la croissance et l'inflation sont très basses en ce moment et aucune reprise n'est attendue. Donc ce ratio de 117 n'est pas justifié et aucun investisseur digne de ce nom n'achèterait cela. D'ailleurs le smart money sort depuis février 2015. Un ratio correct quand tout va bien c'est 80. En récession le plus commun c'est 50, à condition que celle-ci ne soit pas longue (6 à 15 mois). Mais les banques centrales n'ont plus de marge de manoeuvre et je ne suis pas certain qu'elles puissent faire quelque chose de concret à l'avenir (japanification eveywhere). En cas de stagflation, c'est à dire croissance nulle ou récession ou dépression mais avec hausses des prix orchestrés par les BC (c'est ce qu'elles cherchent à faire en ce moment) il y aura davantage de transferts des richesses des classes moyennes vert les 1% les plus riches, l'éco mondiale sera en faillite à cause de ce capitalisme sauvage qui ne distribue pas correctement les richesses.

 

Le Margin debt au plus haut d'un siècle à fin mars 2016. Situation explosive, comme en Chine été 2015, en cas de retournement brusque.

 

Le modèle d'évaluation du marché US de James Tobin donne également un niveau supérieur à celui de 1929. Moins que 2000/2001 mais on sait que lors de la bulle internet des milliers d'entreprises étaient évaluées des centaines de millions alors qu'elles ne faisaient pas de CA. La majorité a fait faillite depuis.

Graphiquement, le rebond depuis mi-février est un corner excéssif orchestré par les corporate buybacks. Selon JPM vendredi dernier, environ 90% des positions short ont été clôturées (max pain derrière nous). Je pense qu'on peut pousser encore un peu dans la zone 2090/2115 (full retracement du premier mouvement baissier ce qui est réglementaire) mais que nous sommes déjà en bear market selon de nombreux modèles quantitatifs. L'interventionisme des BC et l'évolution du pétrole dans un range 25/55$ d'ici fin 2016 pourrait maintenir le SPX entre 1800 et 2100 mais qu'après les élections US max fin d'année je pense qu'on va casser les 1800 pour aller chercher la zone 1500/600 (premier mouvement primaire), retracer vers 1800/1900 avant de tomber vers 1000/1100 à fin 2018 afin d'adapter les PE à la récession à venir (ratio 11/12 au lieu de 24 en ce moment pour le PE et 50 pour la CAP/GDP). Je pense que la récession pourrait durer jusqu'en 2020 mais qu'après les marchés se contentraient d'une croissance même anémique car beaucoup de liquidités et pas assez d'assets rentables. Cela verrait les indices monter fortement entre 2020 et 2030 (SPX 1000/1100 > 3000/3500 par exemple)

 

On ne peut pas aller contre une tendance économique même avec des trilliards. La croissance ne peut pas être infinie. Les récessions et les dépressions font partie de l'histoire.

 

Cordialement.

Jérôme Boumengel 14/04/2016

Hello Hamlet !

Un P/E du S&P500 à 24 me parait bien elevé ! s'agit'il d'un P/E ex post calculé sur les bénéfices de 2015 ?

Mon échantillon du Dow Jones, calculé à partir des bénéfices de 2016 et 2017 n'affiche qu'un P/E prévisionnel de 16.


Hamlet 14/04/2016

Hello,

 

Les P/E SPX et DJIA sont calculés en temps réel sur StockCharts et sont basés sur le consensus Factset du moment.

SPX: 24.07

DJIA: 17.74

 

Par contre je n'arrive pas à poster les liens. 

 

Dans "symbol", taper "!PESPX" pour le SPX et "!PEDOW" pour le DJIA.

 

J'ajoute qu'en janvier 2015, les bénéfices GAAP du SPX étaient de 106 (taper "!GAAPSPX"). Ils ne sont plus que de 86.5 aujourd'hui, soit le niveau de fin 2011 où le SPX cotait 1300 et pas 2100 ;-D

 

A bientôt!

 

 


Jérôme Boumengel 14/04/2016

J'utilise également les données facset, mais j'ai pas les mêmes valorisations... ma méthodologie doit être différente de celle de StockCharts.

Sinon, concernant le rapport de la capitalisation boursière / GDP nominal, suis d'accord... il est très élevé mais il a commencé à baisser depuis 1 an. Il y aura forcément un retour à la moyenne, mais dans combien de temps ?

Et puis ce retour peut se faire par une baisse modérée de la capitalisation boursière (baisse modérée des prix + augmentation des rachat d'actions par les sociétés), le tout conjugué avec une reprise du taux de croissance de l'économie américaine... Bon, c'est vrai que c'est pas le scénario le plus probable...

 


Hamlet 14/04/2016

Jérome,

Merci de votre réponse.

Concernant votre calcul du P/E, il doit vous manquer un élément, je crois, qui vous fait resortir un PE inférieur à d'autres méthodes.

Robert Shiller, un gars sérieux, le donne à 23 et quelque. Je n'arrive pas à poster le lien vers son site, donc googler "Shiller S&P 500 PE ratio" par exemple.

Toujours Robert Shiller, dans son livre "Irrationnel Exuberance" déconseille fortement d'acheter le SPX au dessus de 18 de P/E ou alors à titre spéculatif. Il recommande également un Price/Book inférieur à 1.80, actuellement à 2.80 mais avec une croissance et une inflation réelles sous 1% en plus, donc même 1.80 ça reste un peu cher je crois.

 

Je pense que le rôle d'un bon gérant c'est d'anticiper les anticipation des autres investisseurs, mais tout en restant raisonnable car la majorité peut se tromper.

 

Par ailleurs, votre chart Cap/GDP est bon. En revanche je vous trouve optimiste en espérant une baisse modérée des indices conjuguée à une hausse des rachats d'actions. En effet ces derniers sont à leur plus haut historique et se font au détriment des investissements, et donc de l'emploi, ce qui dégrade la consommation et donc la croissance. Alors brûler du cash, voire même acheter ses actions à crédit, c'est créer une richesse illusoire et temporaire, alors que l'économie réelle se dégrade à une vitesse affolante.

 

Les banques centrales communiquent en faisant croire que ça peut aller, qu'elles sont là pour relancer l'économie, mais leurs recettes on les connait depuis longtemps. La BOJ, par exemple, a tout essayé depuis 40 ans, pour rien. Les Japonnais doivent maintenant assumer une croissance et une inflation à 0, une dette/PIB de 250%, une épargne engloutie dans le GPIF qui fait des pertes colossales, une population vieille...etc. C'est tout l'Occident qui va dans ce sens, dans le mur, car nous ne sommes plus compétitifs, nous avons des dettes colossales et des injustices au niveau de la répartition des richesses.

 

Aucune croissance n'est possible s'il n y a pas d'investissements, de l'emploi, des revenus suffisants pour consommer, de l'innovation et de la compétitivité pour exporter, une fiscalité juste et modérée pour les entreprises et les particuliers, une gestion rigoureuse des dépenses des états. Nous n'avons rien de tout cela en ce moment. Des pays comme la Corée du Sud, le Costa Rica ou même Israel s'en sortent mieux que nous.

 

Bonne soirée.


Jérôme Boumengel 14/04/2016

Oui j'ai également lu son livre... Shiller est un gars sérieux, il a eu le prix Nobel d'économie et c'est un économiste empirique... le problème de son P/E, c'est qu'il est Ex post, calculé à partir des bénéfices réalisés... le mien est prospectif et tient compte des anticipations des analystes pour l'année en cours et la suivante, c'est à dire 2016 et 2017.

Du coup j'ai trouvé la différence avec StockChart. Leur P/E est également Ex post et calculé sur les bénéfices de 2015... C'est pourquoi il est plus haut que le mien. les investisseurs achètent les bénéfices de demain, mais pas ceux d'hier...

Anticiper les anticipations des autres, c'est un tache très difficile... ça peut fonctionner de temps en temps, mais pas de manière régulière.

Concernant le ratio Cap/GDP, le scénario est du domaine des possibles, mais très peu probable je vous l'avoue...