Risque de correction sur l’indice CAC 40

Jérôme Boumengel 24
Risque de correction sur l’indice CAC 40

Début janvier, j’estimais que l’indice CAC40 pouvait atteindre l’objectif des 5000 points d’ici la fin de l’année 2014. Entretemps, certaines données ont changé ce qui m’incite à moins d’optimisme et à davantage de prudence pour les mois qui viennent.  

La première constatation c’est que la Bourse de Paris a retrouvé une valorisation conséquente. Son multiple de capitalisation à 12 mois (Price Earning Ratio) est remonté à 16 fois les bénéfices attendus par le consensus des analystes financiers, soit 2,4 points au-dessus de la moyenne historique. Historiquement, cela ne semble pas particulièrement excessif, mais cette progression du ratio ne s’est pas faite par une hausse des cours mais par une détérioration des prévisions de bénéfices, ce qui n’est pas de bon augure.

En effet, depuis le début de l’année, l’indice CAC40 n’a progressé que de 1,7% tandis que les prévisions de bénéfices à 12 mois ont été révisées à la baisse d’un peu plus de 5%. Sur les 40 sociétés qui composent l’indice, 22 d’entre elles affichent dorénavant des prévisions de BNA orientées à la baisse, contre 18 dont les prévisions sont haussières. Avec un niveau de 45%, l’indice de dispersion des BNA des sociétés du CAC40 est tombé au-dessous du seuil de 50%, alors qu’il était encore à 70% il y a six mois. 

Cette augmentation des révisions baissières a eu pour effet de modifier l’évolution de l’indice BNA 40 (Cf graphique ci-dessous). Je rappelle que ce dernier mesure le bénéfice attendu sur les 12 prochains mois de l’indice CAC40 ; il prend donc en compte les estimations de 2014 et 2015 au prorata temporis, ce qui permet de lisser les estimations de bénéfices et de mieux coller à l’indice CAC40. Alors que l’indice BNA 40 avait dépassé les plus hauts de 2011, il est retombé au-dessous de ce seuil ainsi que de sa moyenne mobile à 6 mois.

Nous sommes maintenant face à une divergence entre l’évolution de l’indice CAC40 et celle de l’indice BNA40. La hausse de la Bourse n’est donc plus soutenue par la dynamique des bénéfices des sociétés. Une correction est à craindre…



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Commentaires

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Jean COLAS 03/05/2014

Bonjour,

Bien d'accord avec la vision, il semble qu'on ait aujourd'hui plus de chance de gain en jouant la baisse qu'en jouant la hausse.
Pour un turbo put sur le CAC, quel outil de recherche pour les turbos utilisez-vous? je trouve les outils de boursorama ou des différents émetteurs peu pratiques. Merci déjà de vos informations.

Colas

Pascal TRICHET 03/05/2014

Bonjour Jean,

 

Laissez tomber les warrants, turbo et cie

familiarisez vous avec les options.

Si nécessaire, contactez moi, je vous aiderai.

Jérôme Boumengel 05/05/2014

Bonjour Jean,

Malheureusement, je n'utilise pas les turbos, j'ai plutôt une préférence pour les warrants.

Kriss 13/05/2014

Tôt ou tard le marché devra en tenir compte...

 

Jérôme Boumengel 14/05/2014

si je comprends bien ce graphique, il s'agit de l'évolution des prévisions de bénéfices de l'indice Stoxx600 pour le 1er trimestre 2014 et depuis le mois de mars 2014 ?

 

Kriss 14/05/2014

Oui Jérôme, depuis début mars, les prévisions de croissance des bénéfices pour l'ensemble des sociétés de l'indice Stoxx600 sont revues constamment en baisse.

L'optimisme de début d'année n'est plus de mise actuellement mais le marché ne veut pas le voir ainsi. Il continue de monter sur des attentes qui pourtant ne le justifient pas.

Quand vat-t-il en prendre conscience?

 

Est-il aveuglé par un QE qui en fait n'en sera pas un?

Jérôme Boumengel 14/05/2014

Oui Kriss, je pense également que le principal moteur de la hausse des bourses européennes depuis quelques temps repose sur les anticipations de ce que va faire la BCE.... le marché est également soutenu par les OPA et autres restructurations...

Je pense également que le signal d'une baisse (j'envisage plus une consolidation qu'un retournement de tendance à moyen terme) viendra des Etats-Unis.

Si le PER du Dow Jones reste modéré, la valorisation de l'ensemble des actions américaines est très consquente.

Si on la mesure par la progression du ratio entre l'indice Wilshire 5000 et le PIB en valeur nominale, le niveau est actuellement de 5, soit un record historique.... il n'était que de 4,7 au moment de l'éclatement de la bulle internet et de 4 lors de la crise des subprimes.

On peut également ajouter que la croissance réelle du PIB n'est que de 2,3% en glissement annuel alors qu'elle était de 5% avant l'éclatement de la bulle internet !

Soit la croissance va fortement s'accélérer, soit il va y avoir un sévère ajustement à la baisse des indices américains !