Risque d’accélération du ralentissement économique

Jérôme Boumengel 0
Risque d’accélération du ralentissement économique

L’observation du spread entre les taux d’intérêt à 3 mois et ceux à 10 ans (zone euro) montre que cet indicateur s’est sensiblement réduit depuis le début de l’année. Sous l’effet d’une baisse des taux longs et d’une hausse des taux courts, le spread est passé de 2,50% à 1,10%. Ce niveau est au-dessous de la moyenne de ces 10 dernières années, laquelle se situe à 1,30%. Quelle information pouvons-nous en tirer ?

Il faut savoir qu’historiquement, l’évolution de ce spread est un très bon indicateur avancé du cycle économique. C’est ainsi que sur les 40 dernières années, à chaque fois que le spread entre les taux courts et les taux longs a été nul ou négatif (tant en Europe qu’aux Etats-unis), une récession a eu lieu en moyenne 6 mois plus tard.

A l’heure actuelle, le spread est encore positif, mais sa réduction indique que les investisseurs anticipent une augmentation du ralentissement économique de la zone euro. Selon la théorie de Fisher, la diminution du spread témoigne d’anticipations baissières sur les taux à court terme. Un tel comportement révèle que la politique monétaire est jugée encore trop restrictive, ce qui alimente des craintes sur le futur proche de l’économie européenne.

Alors qu’il y a moins de 2 mois, Bruxelles écartait le risque de récession, ce n’est plus le cas depuis la publication de ses dernières prévisions économiques, qui font état de fortes révisions à la baisse de la croissance économique des pays membres. Outre les pays de l’Europe du sud, le pessimisme affiché par Bruxelles touche également l’Allemagne et la France dont les taux de croissance ont été revus à la baisse : +0,8% pour l’Allemagne et +0,6% pour la France.

Selon la théorie keynesienne, la mise en place de politiques de rigueur un peu partout en Europe, aura un impact négatif sur la demande effective : la probabilité d’une nouvelle récession économique s'en trouve augmenté.

En termes d’allocation d’actifs, nous privilégierons les actions américaines qui selon notre analyse, devraient continuer à surperformer les actions européennes. L’écart entre les taux courts et les taux longs s’est en effet davantage réduit dans la zone euro qu’outre atlantique, ce qui annoncerait un ralentissement beaucoup moins fort de l’activité américaine.

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graphique de la courbe des taux d'intérêt

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Écrit par
Yves Ravistre
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