Quel risque suis-je prêt à prendre et pour quel rendement ?

Jean-Baptiste Sicard 0
Quel risque suis-je prêt à prendre et pour quel rendement ?

Pour poursuivre sur la thématique abordée dans mon article : Qu’est-ce qu’une allocation d’actifs ? 

J'avais abordé le sujet avec une 1ere partie intitulée : Quelle est la différence entre une classe d'actifs et un actif financier ? 

Abordons maintenant la notion de risque et de rendement...

Le rendement d’un actif financier est la performance qu’il délivre pendant toute la période de détention. Le principe de base qui lie le risque et le rendement est simple : plus le rendement est élevé, plus les risques sont importants. Ça dérange personne de prendre 20% sans risque mais encore faut-il que cela existe.

En matière financière, faire preuve de naïveté est dangereux ; il n’existe aucun placement miracle : un rendement de 10 % sans risque de perte en capital n’existe pas, surtout à l’heure actuelle où le rendement d’un livret A est de 1,25%. L’affaire Madoff a montré que même les professionnels de la finance pensaient que ce type de placement pouvait exister… je vous laisse juge ! Peut-on encore faire confiance à son conseiller et à la pertinence de ses conseils (je reviendrai sur ce point dans un autre article prochainement). Il est primordial de bien comprendre le risque de chacune de ces classes d’actifs et le rendement qu’elle propose.

Chaque classe d'actifs affiche des caractéristiques extrêmement différentes.

A très long terme, les actions offrent les rendements les plus intéressants (toutes classes d’actifs confondus sur un siècle), mais elles sont plus risquées que les obligations ou l’immobilier. Quant aux marchés monétaires, même si les rendements sont faibles, vous ne perdrez toutefois jamais votre investissement initial.

Cependant la stabilité des facteurs de risque de chaque classe d’actifs est relative car elle présuppose que les facteurs de risque soient stables dans le temps. « Par exemple, les obligations d’Etat peuvent paraître comme une classe d’actifs relativement sûr mais que se passe-t-il si les agences de notation dégradent violemment la note d’un Etat dont le budget est déficitaire depuis des années ? Qui se souvient des emprunts russes ? Les marchés actions sont également extrêmement sensibles au contexte géopolitique.

La diversification semble fonctionner sur du long terme mais il faut aussi la faire évoluer dans le temps.

Prenons l’exemple du Dow Jones (classe d’actifs « Action »), l’indice phare Américain est passé de 750 points en 1960 à 800 points en 1980, un investissement en actions pendant cette période de 20 ans n’était donc pas propice. En revanche, la période de 80 à 2000 offrait un rendement très intéressant pour cette classe d’actifs.

 

Une diversification ne peut être efficace que si elle est suivie et évolutive. En d’autres termes, la sélection de chaque classe d’actifs doit évoluer dans le temps et nécessite un suivi régulier.

 

 

Quel est mon horizon d’investissement ?


L’aspect le plus important est l’échéance de votre investissement, ou durée d’un placement. La période de détention de vos actifs financiers est primordiale pour optimiser leur rendement. En effet, les différentes classes d'actifs affichent des caractéristiques différentes en matière de rendement/risque, mais ces caractéristiques changent en fonction de la durée d’investissement. Plus la durée de votre investissement est longue plus le risque devient relatif.

Exemple : si vous placez vos actifs dans un livret A pendant 20 ans le rendement sera inférieur à un placement obligataire ou en actions, vous aurez même perdu de l’argent si on ajoute l’inflation. A l’inverse, si vous investissez sur les marchés actions sur un horizon de 1 an, vous risquez de ne pas récupérer l’intégralité de votre capital à l’échéance. 

 

Quel actif financier choisir ?

 

Comme nous l’avons vu précédemment, chacune de ces classes d’actifs ont des caractéristiques différentes, soit en termes de rendement soit en termes de risque. Mais il existe aussi sur chacune de ces classes d’actifs un nombre d’actifs financiers impressionnant tel que la famille des OPCVM (Sicav et FCP) dont les trackers (ETF), ou encore les certificats, les CFD, les warrants… qui permettent d’investir sur des actions avec ou sans effet de levier, des indices ou des thématiques d’investissement (sectorielle, géographique, ISR…). Ces instruments financiers offrent de nombreux avantages et peuvent vous servir comme support d’investissement pour construire votre allocation d’actifs. Mais quel instrument faut-il choisir ?

La difficulté est de savoir si un instrument financier est représentatif de sa classe d’actifs. Une règle à retenir est de vous simplifier la vie en sélectionnant des actifs financiers compréhensibles et transparents. Si vous ne comprenez pas, n’investissez pas ou adressez-vous à un spécialiste !

Par ailleurs, vous devez choisir vos instruments financiers en fonction de vos capitaux. Par exemple, il est inutile de construire un portefeuille d’actions en direct (exemple : achetez l’action Alcatel) si vous détenez un capital de 1.000€. Dans ce cas, autant choisir un OPCVM, vous ferez des économies, vous gagnerez du temps et diminuerez votre risque.

De plus, si votre capital est investi au sein d’une enveloppe fiscale de type assurance vie ou PEA, vous serez contraint de choisir les actifs financiers éligibles à ces contrats.

 

J'aborderai dans le prochain article un sujet susceptible de faire grincer des dents certains professionnels de la gestion de patrimoine : Puis-je faire confiance à mon conseiller ? 

 

A bientôt

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