Prix du pétrole : mauvaise nouvelle pour le consommateur, bonne nouvelle pour l’actionnaire…

Jérôme Boumengel 3
Prix du pétrole : mauvaise nouvelle pour le consommateur, bonne nouvelle pour l’actionnaire…

Dans son projet de loi de Finances 2018 qui fixe le budget de l'Etat pour l'année à venir, le gouvernement français a prévu d'augmenter la fiscalité du gazole. Cette mesure devrait ainsi alourdir de 7,6 centimes par litre les taxes sur le diesel pour l'année 2018 et de 3,9 centimes pour l'essence.

C’est une mauvaise nouvelle pour le consommateur, car elle intervient au moment où les prix du pétrole brut recommencent à grimper. Il faut donc s’attendre pour 2018 à une augmentation du prix à la pompe nettement supérieure à celle induite par le seul relèvement de la taxe sur les produits pétroliers (La hausse pourrait atteindre 20 centimes sur le diesel).

Après s'être effondré en 2014-2015 sous l'effet de la surproduction, puis après s’être stabilisé en 2016-2017, les cours du pétrole sont en train d’amorcer un redressement. 2018 pourrait être l’année d’une remontée du prix du baril vers les 78$.

 

Voici les principales raisons qui devraient aller dans le sens d’une hausse des prix du pétrole :

 

1/ Les facteurs fondamentaux :

L’engagement pris fin 2016 à Vienne par les membres de l’Opep, la Russie et 10 autres pays extérieurs au cartel de limiter leurs extractions, a été respecté. Depuis le début de l’année, la production de pétrole brut a été réduite de 1,8 million de barils par jour. Or les récent propos des dirigeants de l’Arabie saoudite indiquent qu’ils sont favorables à une reconduction des quotas de production. Précisons que la perspective de l’introduction en bourse d’une partie du capital du géant Saudi Aramco, dont le gouvernement de Ryad espère tirer un maximum pour renflouer ses comptes publics, n’est certainement pas étrangère à cette décision.

Si l’accord est une nouvelle fois reconduit, fin novembre, cela contribuera à resserrer l’écart entre l’offre et la demande, et ce d’autant plus que l’accélération de la croissance mondiale pousse cette dernière à la hausse.

 

2/ Les facteurs techniques :

 

Sur le marché à terme de Chicago, la récente progression du prix des contrats à terme sur le WTI s’est accompagnée d’une hausse des positions ouvertes de 11% en 3 mois. La hausse des prix et des positions ouvertes indique que de nouveaux acheteurs entrent sur le marché, ce qui donne davantage de force au rebond des cours du pétrole.

La spéculation n’est pas en reste non plus. Le dernier rapport de la Commodity Future Trading Commission (CFTC) indique que le solde des positions spéculatives a progressé de plus de 35% en l’espace de 3 mois. Les positions spéculatives à l’achat représentent dorénavant 3,2x les positions vendeuses.

D’un point de vue de l’analyse technique, les prix du Brent ont franchi un important seuil de résistance à 56$, ce qui lui ouvre la voie à une remontée en direction des 78$. Ce scénario est d’autant plus crédible que les indicateurs techniques sont loin d’être surachetés (Cf. chart ci-après).

 

 

 

 

Les prix du West Texas Intermediate (WTI) sont en retard sur ceux du Brent. Mais la formation d’un double bottom sur 43$, conjuguée avec le redressement des indicateurs techniques, suggère que le seuil des 60$ sera dépassé et que le WTI rejoindra également l’objectif des 78$ (Cf. chart ci-après).

 

 

 

 

Si le consommateur risque d’être le grand perdant, la hausse des cours du brut devrait favoriser le secteur des pétrolières, d’autant que ces deux dernières années, les sociétés du secteur ont réduit drastiquement leurs coûts. Pour être rentable dans un environnement de baisse des prix du pétrole, les groupes ont en effet rationalisé leurs coûts, limité les projets d’exploration couteux, et exercé une forte pression sur le tarif de leurs sous-traitants.

En Europe, l’indice Stoxx600 Oil & Gas a renoué avec des perspectives attrayantes. Les prévisions de bénéfices à 12 mois sont reparties à la hausse (Cf. chart ci-après) et la croissance des bénéfices des 12 prochains mois se situe actuellement à +24,4% (Source Factset et calculs Tendance.com). En termes de valorisation, le secteur se paye actuellement 15,7x les BPA à 12 mois, ce qui apparaît correcte et laisse encore une marge d’appréciation avant que la valorisation ne devienne excessive.

 

 

 

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Commentaires

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Brouxd 07/11/2017
Bonjour Jerome, Quel véhicule utiliseriez vous pour profiter au mieux de ce mouvement ? Merci, Bernard
Brouxd 07/11/2017
Je ne parle pas de voiture :-))
Jérôme Boumengel 08/11/2017

LOL !

Bonjour,

Il y a 2 certificats émis par la Société Générale, l'un sur le WTI (code 7511S) et l'autre sur le Brent (code 7013S).

Il y a également le tracker Lyxor sur l'indice Stoxx600 Oil & Gas (code FR0010344960) pour jouer les pétrolières européennes.

Bien à vous.