Même pas peur!

Marc GILSON 3
Même pas peur!

Magie des chiffres : les médias se sont enflammés autour des perspectives de croissance en France en 2013. On connaît les enjeux : le financement de la dette publique dépend des rentrées fiscales qui sont meilleures lorsque l’économie créée des richesses alors que, dans les périodes de recul ou de stagnation du produit intérieur, l’Etat doit se financer par l’emprunt et augmenter ainsi sa dette et sa dépendance aux marchés financiers.

Qui, en dehors des manieurs d’opinions et autres faiseurs d’idées à l’emporte-pièce, pensait vraiment que le taux de croissance français serait de l’ordre de 0,8 à 1% cette année ? Qui est surpris ? Il n’y a pas de nouvelle digne de ce nom qui justifie tous ces déballages sur le net ou dans les journaux. Il faut dire que le mot ‘crise’ revient tellement souvent dans les médias que ça ressemble à une œuvre de propagande, plutôt bien réussie. Une peur de plus, après celles de la fin du pétrole, de la dégradation de l’environnement, de l’effondrement des banques, etc.

La vraie peur en économie s’exprime au travers de plusieurs indicateurs : les taux d’intérêt (regardez l’Italie qui paye cher le retour aux affaires de S.B.), les cours boursiers (regardez les pays leaders en Europe, les secteurs qui gagnent et qui perdent), les enquêtes d’opinion des consommateurs et des chefs d’entreprise, les indices comme le VIX (qui reste toujours autour des 14% malgré la dégradation entamée hier). Ces diverses informations ne sont pas aussi catastrophiques que ce qui ressort des discussions suivies dans les médias.

Pourquoi ? Depuis la vraie crise financière de 2008, on peut constater que les Etats, les Unions d’Etats, ont pris les problèmes avec énergie et détermination, parfois en retard, parfois diamétralement opposés dans le genre de mesure, mais ils l’ont fait. Et on peut se remettre à rêver d’une organisation du monde qui serait plus démocratique et moins laissée aux mains avides de quelques lobbies ou groupe de pression.

Il est bien probable que les politiques de soutien de la Fed ou de la BCE vont se tarir et que le marché va se sentir privé de béquilles. Et alors ? Il est capable de marcher tout seul et même s’il titube et se prend quelques gamelles, il s’est toujours relevé et a progressé.

Faisons-lui confiance pour une fois.

Commentaires

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RAPHAEL 21/02/2013

La méthode Coué n'est pas encore morte....

alain MAKART 21/02/2013

L'article d 'ALAIN GILSON a au moins deux mérites:-

colliger des faits indiscutables.

-Prendre un contre pied courgeux par rapports à des faiseurs de mauvaises nouvelles dont la sincérité est questionnable ( des méias espérant plus d'écoute ou des vendeurs d'or espérant profiter de l'angoisse etc...)

 

Par ailleurs la remarque sur la méthode Coué est interessante:

 

Il est vraisemblable que Coué soit les précurseur de thérapies omportementalistes dont les américains sont friands ( "qui veut peut etc...")

 

Ces attitudes positivistes interviennet vraisemblbablement dans la décorrélation souvent observées entre les marchés financiers et la réalité économique...

 

Donc: étudions plus en détail l'effet " coué" et nous serons les maîtres du maraché!!

 

Marc GILSON 21/02/2013

J'ai failli mentionner le bon docteur Coué dans le texte mais j'ai hésité car ses découvertes auraient pu s'appliquer à la fois à ce processus de martèlement sur la crise et à ces nombreuses opinions positives sur les marchés qui ne sont pas loin d'être aussi un genre de pression identique.

Il est clair que l'analyse comportementale (qui a valu un prix Nobel d'économie) est importante mais j'ai pu constater que les fonds d'investissement qui s'en revendiquent pour aider à leurs décisions n'étaient pas significativement meilleurs que les fonds gérés par des gérants traditionnels. Encore un effet de la main invisible sans doute...

Je ne fais pas partie des optimistes à tout crin ni des pessimistes viscéraux. Les menaces sont grandes mais l'espoir a toujours gagné.

Marc Gilson