Mafia Luxembourgeoise - Suite

Didier MAURIN 6
Mafia Luxembourgeoise - Suite

Imaginez une France où des banques vous léseraient régulièrement, où vous vous apercevriez que l'AMF (l'Autorité des Marchés Financiers) les couvre elles et leurs agissements délictueux au lieu de les sanctionner, avec un François Hollande et son gouvernement qui protégeraient l'AMF. Très vite, cela tournerait au cauchemar pour vous et le respect de vos droits.

Or, c'est très exactement ce qui se passe à Luxembourg, dans cette ville où tout le monde se connaît, où la CSSF (la Commission de Surveillance du Secteur Financier à Luxembourg), en relation étroite avec le gouvernement luxembourgeois, couvrent dans la majorité des cas nombre de grandes banques et leurs actes frauduleux au lieu de leur demander des comptes.

En conséquence nous avons décidé de saisir la Commission Européenne, et plus particulièrement le Cabinet de Michel Barnier, Commissaire européen pour le marché intérieur et les services, avec qui nous sommes en contact, et avons déposé une plainte en bonne et due forme car on ne saurait tolérer un Etat pseudo-mafieux en plain coeur de l'Europe.

Naturellement nous vous tiendrons informés de la suite des évènements, car pour la Commission Européenne la réponse n'est pas simple, dans le sens où elle s'interroge pour le moment sur le fait de savoir si ces agissements relèvent du simple fonctionnement interne de l'un des pays membres de l'Union, ou bien si cela concerne réellement l'Europe et son fonctionnement.

Un cas d'école donc, et d'autant plus ardu que le système juridique lui-même, comme j'ai pu en discuter à Bruxelles avec des membres de la Commission, ne fonctionne plus lui non plus.

En effet aujourd'hui un procès, pour être un peu caricatural, c'est dépenser 50.000€ d'honoraires d'avocats, sur 10 ans de procédure, pour obtenir au bout 50.000€ de dommages-intérêts, ce qui signifie en clair que même si vous gagnez... vous perdez !

Un certain nombre d'avocats reconnaissent ce problème, le système jurdique actuel restant trop cher pour la grande majorité de la population par rapport à ce qu'il peut offrir, et étant favorable à des personnes qui se conduisent mal mais qui peuvent payer très cher leurs avocats.

Affaire à suivre donc, car on ne peut pas se permettre de transmettre un tel monde à nos enfants, et nous avons décidé d'agir.

Didier Maurin

 

Didier Maurin est spécialiste du conseil en investissements financiers en France et à l'international depuis 26 ans. Il est fondateur et gérant indépendant depuis 21 ans de Didier Maurin Finance, société de Conseil en Gestion de Patrimoine située à Paris et en Lorraine, et de Katleya Gestion, société de Gestion de Fortune basée à Genève, depuis 2005. Il développe chaque mois dans sa lettre financière à destination de ses clients et abonnés son point de vue d'expert, parfois incisif, sur le monde économique et ses conseils avisés d'investissements.

Commentaires

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Jean 23/01/2014

Un grand bravo !

Didier MAURIN 27/01/2014

Merci pour votre compliment !


Alain 23/01/2014

Cher monsieur,

 

Avec tout le respect que je vous dois, pouvz vous me rappeler comment a été refermé le dossier EADS?

Pour rappel : une enquête judiciaire a pour objet des opérations suspectes en 2006 juste avant l'annonce de difficultés du groupe EADS, en particulier l'A380. Une information judiciaire contre X pour délit d'initié, recel de délit d'initié et diffusion fausses ou trompeuses à la suite d'une plainte de petits actionnaires. Une note de Raymond Levy, président du conseil de surveillance du groupe Lagardère dévoile que "les difficultés de l'A380 ont été sous estimées" Selon le groupe cette est postérieure à la date de vente des actions objet d'une enquête de l'AMF dont vous vantez les mérites. Or d'autres sources prouvent le contraire et il sera démontré l'exercice par des dirigeants du groupe EADS de leurs stock-options en novembre 2005 et mars 2006 et sur la cession par Daimler et Lagardère (par la Sogeade) de 7.5% du capital d'EADS le 4 avril 2006 à des institutionnels français, notamment la CDC Caisse des Dépôts et Consignations. 

Le 17 décembre 2009 : l'AMF L'Autorité des Marchés Financiers referme le dossier EADS sans aucune sanction. L'AMF non protégé.

Et, nous pourrions allonger la liste, croyez moi l'Homme est en cause, sans contrôle tout est permis, cf les affaires Madoff et Kerviel. Je ne cherche pas à minimiser vos déboires au Luxembourg. Ce pays doit se réformer et a déjà commencé suite aux affaires Madoff et de la Kaupthing bank. Mais encore une fois croyez moi, il ne faut pas être naïf, l'auto-censure des journalistes existe partout ailleurs. Les journalistes savent qui les paient et rare sont les kamikazes. Comment selon vous, Berlusconi est-il resté si longtemps à la tête de son pays ? Vous allez me faire croire que Florence Woerth épouse du Ministre Eric Woerth se trouvait dans l'organisme de gestion du patrimoine de Liliane Bettencourt par hasard... Tous les pays essayent de cacher leurs délits honteux, vous ne pouvez feindre de le découvrir; ensuite, les pays tentent de réformer et de mieux contrôler ces agissements. La différence dans votre cas luxembourgeois, est si j'ai bien compris que vous en êtes la victime. Je le regrette sincèrement pour vous et vos clients qui vous ont fait confiance. Mais de grâce pas d'anathème, la place financère de Luxembourg ne mérite pas qu'on lui jette plus l'oprobre qu'une autre. Et croyez moi, en sous-marin, beaucoup de réformes et contrôles sont mis en place. En espérant sincèrement que si vous êtes dans votre droit, vous obtenez gain de cause.

Alhema

Didier MAURIN 27/01/2014

Ce que vous écrivez est plein de bon sens et globalement je suis d'accord avec vous ! Cela étant, j'entame maintenant ma 27ème année dans la Finance et je peux vous dire que l'AMF, quoi que critiquable, est presque d'une "pureté absolue" face aux institutions luxembourgeoises !


Alain 05/02/2014
Ne désespérez pas monsieur Maurin! Il n’y a pas qu’en France, où trois ex-cadres de Landsbanki ont été récemment inculpés par le juge Renaud van Ruymbeke, ou en Islande que les victimes de la filiale luxembourgeoise de la banque islandaise comptent les points à leur avantage. Au Luxembourg aussi de bonnes nouvelles arrivent, contredisant la thèse selon laquelle la justice grand-ducale resterait totalement insensible aux victimes et irait même jusqu’à couvrir la fraude. Un couple résident en France ayant souscrit un prêt controversé dit «Equity release» auprès de Landsbanki a réussi l’exploit de faire casser le 30 janvier dernier un arrêt de la Cour d’appel du 8 mai 2013, qui avait jugé irrecevable sa demande en nullité des contrats de prêts et investissements pour près de 1,3 million d’euros souscrits auprès de Landsbanki. Son affaire devra donc être réexaminée.
Didier MAURIN 27/02/2014

Le principal est que les choses aillent dans le bon sens.