M3 ou quand la machine s'emballe...

Didier MAURIN 2
M3 ou quand la machine s'emballe...

En ce moment, le système de "planches à billets" des banques centrales porte ses fruits et assure le re-développement économique de plusieurs nations tout en permettant à beaucoup d'Etats de se financer à bon compte.

Cela étant, tous ces milliards imprimés constituent aujourd'hui une masse monétaire gigantesque qui est reportée sur les grandes banques et les compagnies d'assurance, en sachant que cette masse monétaire énorme, que l'on appelle M3 en économie politique, constitue vraisemblablement la prochaine crise.

En effet, M3 est estimée aujourd'hui à plus de 60.000 milliards de dollars, soit environ 45.000 milliards d'euros, et lorsque les banques centrales du monde entier impriment 4.000 milliards supplémentaires dans l'année, ce qui va assez vite, la masse monétaire mondiale augmente de 7% en rappelant toutefois que, selon elles, il n'y a pas d'inflation !?

En fait, M3 est devenue incontrôlable officiellement le 23 mars 2006, date à partir de laquelle la Réserve Fédérale américaine a cessé de la publier sous prétexte qu'elle ne correspondait plus à rien !

En conséquence, un scénario peut maintenant être envisagé. Imaginez que les 5 grands dirigeants des banques centrales des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine, du Japon, sans oublier la Banque Centrale européenne, qui se rencontrent assez souvent, décident de diviser par 10 la valeur de chaque monnaie afin d'enlever un zéro à chacune de leurs dettes. Dans ce cas-là, 100 dollars en vaudront 10, 100 euros seront portés à 10, sans oublier la même chose pour la livre sterling, le yuan et le yen.

Que cela donnerait-il concrètement ? Un renouveau économique mondial. Tout simplement !

En effet, les 20.000 milliards de dollars de dettes des Etats-Unis, par exemple, n'en vaudraient plus que 2000, soit presque rien pour une nation dont le seul coût de son armée est d'1 milliard de dollars par jour !

Pour le chef d'entreprise ou le propriétaire de biens immobiliers à crédit, c'est-à-dire pour les créateurs d'emplois, le bénéfice serait énorme car 1.000.000€ de dettes n'en vaudraient plus que 100.000 ! En revanche, pour l'épargnant qui posséderait 100.000€ à 3% dans une banque, ce serait une catastrophe car cette somme n'en vaudrait plus que 10.000.

Bien entendu, ce que nous venons de d'écrire n'est qu'une hypothèse, un scénario possible parmi tant d'autres.

Pour autant, doit-il être écarté, car dans ce cas-là, les grandes banques centrales seraient arrivées à leur fin, à savoir résoudre cette crise mondiale en faisant redémarrer la croissance sur fond de refinancement des Etats à taux réduits, avant de déprécier complétement la valeur de leurs dettes et celles du privé ce qui permettrait d'assainir la situation des acteurs économiques créateurs de croissance et d'emplois. Certes, l'épargnant serait ruiné, mais il y a toujours un prix à payer là où le propriétaire d'immobilier, d'actions, de matières premières, de métaux précieux et d'entreprises, lui, en sortirait beaucoup plus riche même si sa trésorerie devait "prendre un coup".

Là encore, nous pensons que tôt ou tard les banques centrales n'auront pas le choix, car si la "planche à billets" était le seul remède à cette crise, elles ne voudront pas retomber dans un nouveau krach dû à une masse monétaire gigantesque et elles prendront tout le monde par surprise en la dépréciant.

D'ailleurs, un tel scénario s'est déjà produit dans le passé, rappelez-vous que nos grands-parents comptaient en centime plutôt qu'en franc !

Une "remise des compteurs à zéro" devrait donc intervenir quelque part dans l'avenir au niveau mondial, avec à la clef un désendettement massif des Etats, des entreprises et des particuliers qui auront emprunté ce qui constituerait la promesse d'une nouvelle prospérité mondiale. Si tel devait être le cas, cette crise ne constituerait plus qu'un mauvais souvenir et l'avenir de nos enfants deviendrait bien plus prometteur que ce que nous pensons actuellement ! Naturellement, tous nos politiciens en sortiraient grandis !

Mais pour le moment, François Hollande et son gouvernement sont dans une impasse et ont apparemment décidé de réagir. Leur solution ? Réduire de 30 milliards les charges des entreprises alors qu'un minimum de 100 milliards est nécessaire pour rendre la France compétitive dans la mondialisation. Or, dans une France en faillite, une telle baisse, qui est absolument nécessaire, nécessite de trouver d'autres recettes, c'est pourquoi nous avons décidé d'abandonner les contrats d'assurance-vie qui sont et seront de plus en plus taxés. En effet, même l'insaisissabilité des contrats d'assurance-vie, qui constituait le dernier grand attrait de ces contrats, vient d'être annulée.

Notons, en aparté, que la fin des paradis fiscaux vient de rapporter 1 milliard d'euros à l'Etat grâce aux 11 000 personnes ayant régularisé leur situation avec Bercy...

Cela étant dit, comme nous l'avons souvent mentionné, il est également préférable d'exclure PERP, article 83 ou loi Madelin de votre patrimoine car abandonner la propriété de votre capital à des banques surendettées et des Etats en faillite, même avec une réduction d'impôt à la clé, relève de l'hérésie puisque votre rente sera vraisemblablement dépréciée et de toute façon largement fiscalisée.

Pour conclure, nous vous présenterons prochainement le potentiel de l'immobilier de certains pays comme la Thaïlande ou le Brésil, où les prix grimpent souvent de 10 à 20% par an et dont le rendement locatif annuel oscille de 7 à 12%. En effet, nous privilégions désormais ce type d'investissement pour des raisons de sécurité, de diversification et de rendement dans une conjoncture internationale que nous venons de vous décrire.

Didier Maurin

 

Didier Maurin est spécialiste du conseil en investissements financiers en France et à l'international depuis 26 ans. Il est fondateur et gérant indépendant depuis 21 ans de Didier Maurin Finance, société de Conseil en Gestion de Patrimoine située à Paris et en Lorraine, et de Katleya Gestion, société de Gestion de Fortune basée à Genève depuis 2005. Il développe chaque mois dans sa lettre financière à destination de ses clients et abonnés son point de vue d'expert, parfois incisif, sur le monde économique et ses conseils avisés d'investissements.

 

 

 

Commentaires

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lulalu 24/02/2014

Dans un tel scénario, qui privilégie les endettés aux autres, il serait faux de croire que tout serait rose pour le propriétaire endetté en votant sa dette fondre puisque qu'en face, les biens immobilier subirait une telle crise qu'ils en perdrait autant de valeur que la dépréciation de la monnaie... Un bien a 200K€ vaudrait directement 20K€. D'autant plus que plus personne n'aurait les moyens de se l'offrir si l'épargant est ruiné...Il n'y a pas de miracle en économie. C'est mathématique.

Didier MAURIN 27/02/2014

Je ne suis pas d'accord avec vous. D'ailleurs, l'histoire a souvent prouvé que l'immobilier demeurait un rempart contre l'inflation et les dévaluations monétaires.