Les réactions automatiques à l'echec

Caroline Domanine 0
Les réactions automatiques à l'echec

Comprendre vos réflexes automatiques face à l’échec et très utile en trading car l'eventualité de la perte est omniprésente. C'est votre ressentit, votre réaction à la perte qui conditionnera en partie vos performances.

 

Notre personnalité, via notre histoire, a développé des réactions privilégiées devant l'adversité ou l’échec . Ces réactions automatiques sont conditionnées par tout un tas de facteurs internes, mais sont au fond peu corrélées à la situation proprement dite. Dit autrement, c'est la vision que l'on a de la situation qui va générer une réaction , et non la situation elle-même.

 Voici les principales réactions automatiques à l’échec :

1. La colère

La colère est la réaction que l’on éprouve lorsqu’un événement extérieur nous empêche d’assouvir un désir ou un besoin. C’ est la conséquence directe d’une frustration. La colère est orientée vers les causes de la perte et non vers la perte elle-même.

Elle peut se décliner avec de nombreuses variantes. Irritation, fureur, rancune, dépit ... Ces émotions, sont souvent perçues socialement comme négatives, ont pourtant une utilité réelle car une colère bien gérée se transforme vite en révolte, et la révolte nous donne l’impulsion du changement, l’énergie pour rectifier des attitudes vectrices de pertes. Elle est créatrice d’une énergie forte mais parfois aussi dévastatrice, surtout quand la meilleure chose à faire… c’est de ne rien faire !

 Ce qui peut être destructeur, c’est la manière dont la colère va trouver son expression ou encore un mauvais choix de cible.

Le nombre de cibles potentielles est infini ! Vous pouvez incriminer la terre entière ; mais le fait est que c’est vous seul qui avez pris une position, vous seul qui l’avez gardé, vous seul qui avez perdu. Chercher un coupable est alors une perte de temps. Il est nécessaire, pour avancer, de les assumer.

Par contre, être en colère lorsqu’on a commis une erreur et qu’on porte l’entière responsabilité du « ratage » est plutôt sain et porteur d’amélioration. Ressentir la colère après une perte n’est donc pas un frein en soi, vous devez juste apprendre à la reconnaître, afin d’améliorer vos décisions et vos mise en actions.

 

2. L’évitement

L’évitement est une fuite face aux exigences que vous pouvez avoir sur nos performances.

Ce qui nourrit l’évitement n’est pas le lâcher prise, ou l’acceptation d’une perte, mais la peur de s’y confronter, c’est de l’ordre du déni.

L’évitement ne cause que peu de dégâts immédiats. J’ai fait une perte, c’est comme ça, je passe à autre chose ; sauf que ce comportement ne permet pas d’apprendre.

Si vous êtes dans l’évitement après une perte, vous souffrez peu. Votre mécanisme de protection est bien huilé et vous avancez dans la vie sans vous sentir responsable et c’est justement là que le processus devient bloquant. Cette réaction vous protège de toutes émotions fortement désagréables et donc, elle vous protège aussi de la réussite. L’évitement empêche l’individu de se remettre en question et de tirer parti de ses échecs. En fait, vous prenez le risque de répéter tout le temps les mêmes erreurs, sans en tirer une bonne leçon.

Apprendre, progresser, c’est surtout se remettre en question et l’évitement vous prive de cette chance.

En restant dans l’évitement, le trader s’empêche définitivement de gagner et reste condamné à l’échec. C’est l’attitude la plus nocive que l’on puisse avoir en trading , car vous le savez comme moi, la remise en question est perpétuelle.

3. La culpabilité

Vous vous sentez coupable quand votre acte ne correspond pas à vos valeurs.

Vous vous en voulez quand vous avez cédé à votre impulsivité, quand votre raisonnement s’est avéré erroné ou quand votre comportement vous a poussé vers l’échec.

La culpabilité sous-entend que vous aviez le choix d’agir différemment .C’est une émotion très riche et une bonne base de travail car elle est le point de rencontre de plusieurs émotions moteurs pour le trading : la colère, dont nous avons déjà brièvement parlé, la peur et la tristesse.

 Mais la culpabilité doit rapidement être dépassée et assumée. Oui, j’ai fait une perte ! Oui, cette perte est imputable à mon comportement ! Non, je ne laisserais pas cette perte saper les fondations de ce que je construis depuis si longtemps !

Il est important, dans ce ressenti, de distinguer la responsabilisation, c’est-à-dire se positionner comme le capitaine du navire, comme l’acteur principal de sa propre vie ; et l’auto-flagellation qui ne mène à rien de bon pour vous.

L’auto-flagellation et la responsabilisation partent de la culpabilité, mais ce que j’en fais est différent. Dans un cas, je me limite, dans l’autre, je grandis.

4. La tristesse :

La tristesse est une émotion de base simple qui signifie : « j’ai perdu, je suis privée d’une chose qui m’importe beaucoup ».

On oppose classiquement la tristesse à la colère, certaines personnalités combatives refusent la tristesse, considérée comme signe de faiblesse et passe rapidement de la tristesse à la colère.

En trading, la tristesse ne permet pas de trouver l’impulsion pour améliorer le présent et l’avenir. La tristesse, dans le trading est un aveu de « game over », il est donc urgent d’en sortir.

Se complaire dans les conséquences de la perte n’apporte absolument rien de bon. C’est peut-être nécessaire sur l’instant afin d’être en accord avec vous-même, mais souvenez-vous qu’il est urgent de sortir de la position du Caliméro.

5. L’abandon:

L’abandon est aussi un « game over » mais différent de la tristesse car l’abandon peut ,dans certains cas, être bénéfique.

Si les actions à mener pour réussir sont trop lourdes pour vous, ici et maintenant ; la meilleure attitude est la fuite.

Toutefois, c’est important que vous choisissiez la fuite, que vous abandonniez en conscience et pour de bonnes raisons. Personne ne peut livrer tous les combats en même temps, vous pouvez avoir besoin de vous retirer du champ de bataille en toute objectivité.

Ce choix n’est pas un aveu de faiblesse ou un échec si vous abandonnez pour de bonnes raisons. Afin de savoir si vous baissez les bras justement, vous devez vous détacher de l’émotionnel et observer la situation en toute objectivité, et pour cela, vous avez besoin de distance.

 

Toutes ces réactions automatiques à l’échec peuvent être dépassées par une prise de recul sur l’événement. Mettre en perspective, apporter de la nuance à notre regard, changer son point de vue ; l'acceptation de l’échec demande un véritable effort, dont vous ferez difficilement l'économie...

 

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