Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes. (Karl Marx)

Marc GILSON 0
Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes. (Karl Marx)

Ainsi parla… B.B.! L'AFP nous rapporte:

"Jeudi, Wall Street a perdu du terrain après la réunion du comité monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), entraînant les autres places boursières dans son sillage. Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, M. B. Bernanke a averti que la Fed pourrait réduire dès cette année le montant des titres qu'elle rachète sur le marché, en cas d'amélioration sur le front de l'emploi. … La confirmation par la Fed de l'imminence de son changement de politique monétaire devrait alimenter un vaste arbitrage entre les classes d'actifs qui devrait être une source importante de volatilité. … Dans ce contexte, les indicateurs économiques seront ignorés dans la mesure où les marchés vont rester concentrés sur "la Chine et la Fed", note Chris Weston d'IG. (La Chine a enregistré en juin sa plus forte contraction de la production manufacturière depuis neuf mois, nouvel indice d'un ralentissement de la croissance dans la deuxième économie mondiale)."

Parlons justement des indicateurs économiques. Un professeur de l'université d'Oregon, Tim Duy, a créé un blog spécialement pour faire part de ses observations sur tout ce fait la FED. Et il constate que la FED se trompe très régulièrement dans ses prévisions de croissance (graphique à l'appui, voir ci-dessous, la ligne noire est celle de la réalité), pêchant ainsi par excès d'optimisme, alors qu'en matière de prévision d'emploi, cette banque centrale est plutôt 'raccord' avec ses prévisions. Nous rappellerons simplement qu'à plusieurs reprises nous avons attiré l'attention sur la faible fiabilité (crédibilité) des statistiques sur l'emploi aux USA, (et chez nous aussi).

Ci-après, le graphique concernant l'emploi. Cet éminent professeur en tire un enseignement intéressant: "Je suis sûr que cette différence (entre la qualité des prévisions) n'est pas perdue de vue par la Fed, surtout si elle a une vue sur la courbe de Phillips de l'inflation. Je soupçonne que si le chômage glisse plus bas, 'ils' vont minimiser la constatation de la faible croissance en soulignant l'importance du taux de chômage plus faible. Cela est particulièrement vrai maintenant que Bernanke a défini un déclencheur de 7% pour mettre fin à des achats d'actifs. En bref, ne présumez pas que le non-respect de la prévision de croissance va 'obliger' la Fed. Regardez les prévisions de chômage, cet indicateur peut être plus important à ce stade du cycle de la politique monétaire".

Et la courbe de Phillips, qu'est-ce donc?

Mise en évidence en 1958, la courbe de Phillips est une courbe illustrant une relation empirique négative (relation décroissante) entre le taux de chômage et l'inflation ou taux de croissance des salaires nominaux. Cette relation s'explique par le fait qu'au-delà d'un certain niveau de chômage, les salariés ne sont plus en position de force pour exiger une hausse de salaire ; le partage des gains de productivité s'effectue alors en faveur de l'entreprise. (source: Wikipedia)

Il y a deux interprétations, venues des deux écoles de la théorie économique, à cette découverte empirique, et par conséquent des manières différentes de réagir. Une interprétation keynésienne selon laquelle il y a un très fort lien entre la croissance des salaires nominaux et l'inflation (taux d'inflation = taux de croissance des salaires nominaux - taux de croissance de la productivité). Et une interprétation monétariste selon laquelle, à long terme, le taux de chômage ne dépend plus du tauxd'inflation. En effet le taux de chômage d'équilibre de long terme est dit naturel ou bien encore structurel c'est-à-dire qu'il n'est pas dû à des causes conjoncturelles. (taux de chômage naturel = inadaptation de certains individus + chômage frictionnel + chômage volontaire)

 

Ces interprétations différentes de la courbe de Phillips reflètent des conceptions différentes du chômage et des politiques économiques à mener. Il nous semble bien que la FED est aujourd'hui plutôt keynésienne, le gourou B.B. mettant constamment en évidence le fait que le taux d'inflation reste bas.

Enfin, pour terminer et puisque certains annoncent des changements dans les allocations d'actifs, nous vous livrons un dernier graphique. Vous y trouverez une estimation de divers marchés financiers sous l'angle du su-rachat ou du sous-achat. Un marché suracheté présente des risques importants de correction. Donc….

Bonne journée,

@MarcGilson

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