Les chiffres clés du marché immobilier parisien

Jérôme Boumengel 0
Les chiffres clés du marché immobilier parisien

La chambre syndicale des notaires de Paris vient de publier ses chiffres pour le quatrième trimestre 2012. Après trois trimestres consécutifs de hausse, les prix des appartements anciens ont enregistré une baisse moyenne de 2% par rapport au trimestre précédent. Le prix moyen du m2 est revenu à 8 270€ après avoir atteint un plus haut historique à 8 440€ au cours du troisième trimestre.

Ce repli annonce-t-il le retournement tant attendu du marché parisien ?

Attention, si une hirondelle ne fait pas le printemps, un chiffre ne fait pas également une tendance. Pour autant, je rappellerai que dans ma dernière analyse sur l’immobilier parisien, j’indiquais qu’à partir de 2011, la hausse des prix s’accompagnait d’une tendance à la baisse des transactions, ce qui rendait la dynamique des prix particulièrement fragile. En effet, la progression ne provenait plus d’une augmentation de la demande, mais d’une diminution de l’offre.

Ce type de configuration où le rapport de force entre les vendeurs et les acheteurs s’inverse, au bénéfice de ces derniers, est récurrent sur les marchés boursiers, et plus généralement sur tous ceux qui sont soumis au mécanisme de l’offre et de la demande. Le marché de l’immobilier ancien à Paris intra muros en fait parti ; il est donc possible de lui appliquer certains outils de l’analyse technique comme je le démontre maintenant depuis une dizaine d’année.

L’exemple du Counter clockwise (1) montre que sur le dernier trimestre, la diminution des prix s’accompagne également d’une baisse des transactions. Le nombre d’appartements vendus (ou achetés) est tombé à 5 930, contre 6 720 au trimestre précédent. Il s’agit donc d’une situation où c’est la demande qui diminue.

Les acheteurs ne se précipitent pas pour acheter car ils pensent que les prix vont encore baisser. Ce type de configuration préfigure davantage une phase de consolidation, comme celle que le marché a connu en 2008/2009, plutôt qu’un retournement de type années 90.

Par ailleurs, le PER du marché immobilier parisien se situe à 31. Bien qu'il soit un peu plus bas que son sommet historique atteint au cours du troisième trimestre 2011, c'est encore un niveau élevé.

L’appétit pour le risque immobilier a également atteint un niveau gargantuesque. La prime de risque sur ce type d’actif est proche de zéro, tandis qu’elle se situe autour de 7,4% pour les actions françaises.

Compte tenu des éléments indiqués, il n'est pas encore opportun de se repositionner à l'achat sur cette classe d'actifs.

 

(1) Cet indicateur technique est décrit et expliqué en détail dans « Psychologie boursière et Prévision chartiste ».

 

© Copyright Jérôme Boumengel  -  Toute reproduction ou rediffusion interdite sans l'autorisation de l'auteur.

Commentaires

Soyez le premier à réagir !


Avantages d'être membre

Postez vos commentaires. Vous pouvez aussi y ajouter des graphiques et des images afin d’illustrer vos propos.