Le rebond des prix du pétrole n’est pas terminé

Jérôme Boumengel 0
Le rebond des prix du pétrole n’est pas terminé

En dépit de l’absence d’un accord lors de la réunion de Doha, les prix du pétrole devraient continuer de se redresser. L’incapacité des pays de l’OPEP à s’accorder sur des quotas de production pour enrayer la baisse des prix du baril, devrait en effet favoriser la spéculation.

Or ce sont les mouvements spéculatifs qui sont en grande partie à l’origine des mouvements de prix. A l’instar du dollar, où seulement 5% des transactions quotidiennes résultent d’échanges de biens et de services, le reste étant l’apanage des spéculateurs, les livraisons effectives de pétrole ne représentent qu’une petite partie des échanges quotidiens.

Rappelons que sur le seul New York Mercantile Exchange (NYMEX), il s’échange en moyenne chaque jour près de 1,2 million de contrats à terme (toutes échéances confondues). Sachant qu’un contrat porte sur 1000 barils, c’est donc 1,2 milliard de barils qui s’échangent chaque jour sur ce seul marché. Or la consommation mondiale quotidienne de pétrole n’est que de 94 millions de barils par jours, soit 13 fois moins que les échanges à terme sur le NYMEX.

Ce chiffre permet de se faire une petite idée de l’emprise de la spéculation sur l’or noir. Etudier l’état de l’offre et de la demande, les coûts d’extraction ou les frais de transport ne sont donc pas suffisants pour prévoir l’évolution du prix du brut. Il est également indispensable d’analyser le sentiment des spéculateurs qui opèrent sur les marchés à terme, ce qui peut se faire par l’analyse des volumes échangés et des positions ouvertes.

Sur le NYMEX, le niveau des positions spéculatives à l’achat est resté stable depuis le début de l’année, avec 540000 contrats ouverts. En revanche, les positions spéculatives à la vente ont enregistré une baisse de 30%. On en déduit que la remontée des prix du pétrole, amorcée depuis février, est le fait d’anciens vendeurs à découvert qui se sont rachetés, et non de nouveaux spéculateurs qui seraient entrés sur le marché.

Du côté des flux, c'est-à-dire des volumes échangés, l’Obvgram, qui mesure le rapport entre les volumes haussiers et les volumes baissiers, évolue toujours en zone négative. Mais il se redresse et sa remontée au-dessus de ses moyennes mobiles de référence suggère une poursuite de la hausse. La pression acheteuse reprend de la vigueur, ce qui devrait permettre aux prix du pétrole de continuer à progresser et de rejoindre la résistance à 48$.

 

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