Le plan secret des banques centrales dévoilé

Jean 19
Le plan secret des banques centrales dévoilé

Ce n’est pas une promesse en l’air. D’ici quelques minutes vous allez découvrir le plan secret des banques centrales, tout particulièrement de la FED (USA), de la BoJ (Japon) et la BoE (Royaume-Uni). Mais avant cela, un détour sur la planète économie est indispensable.

Parlons « théorie monétaire quantitative ». Ne partez pas. Ce n’est pas si compliqué que ça :-)

 

 

 

 

M • V = P • Q

M = Masse monétaire
V =
Vélocité de la monnaie 
P = Inflation/Déflation
Q = PIB réel
P • Q  = PIB nominal

La masse monétaire mesure la quantité de monnaie disponible. La vélocité est la rotation de l’argent. Je vais au restaurant je laisse un pourboire, avec ça le serveur prend un taxi qui mettra de l’essence avec ce même argent. Cet argent a une vélocité de 3. Si je reste à la maison à regarder la télé avec mon argent à la banque, la vélocité est de 0.

Donc la masse monétaire fois sa vélocité est égale à l’autre côté de l’équation :

P • Q  est le taux de croissance du PIB nominal. Si l’inflation est de 1% et que la croissance du PIB réel est de 2%, la croissance nominale est de 3%. S’il y avait 1% de Déflation, la croissance nominale serait de 1%.

Milton Friedman disait que Q (PIB réel) a une limite, il peut croitre de 4% par an dans une économie mature comme les Etats-Unis. Hausse de la population active pour environ 1.5% PLUS la productivité environ 2.5%.

Alors quel est le l’inflation idéale (P). C’est 1%, car Q x 1 = Q. Ça ne fait ni inflation, ni déflation. Si on n’aime ni l’inflation ni la déflation, P doit être de 1.

Donc on résume, la croissance réelle peut être de 4, l’inflation idéale est à 1. Friedman disait que la vélocité est constante. C’est simple, pour résoudre l’équation il reste un paramètre. La masse monétaire. Si on la régule, on régule le reste. Donc si on augmente la masse monétaire de 4% par an, on crée de la croissance nominale. Le nirvana de la politique monétaire en sommes.

Regardons ça. Voici la hausse de la masse monétaire. On part d’environ $800 milliards en 2009. On est aujourd’hui vers $3300 milliards. Entre 1970 et 2009, on voit une croissance constante, comme préconisé par Friedman. Mais en 2009, c’est la sortie de QE1. Puis QE2 et les autres suivront. Avec $1000 milliards d’injections par an, fin 2014 nous serrons autour de $5000 milliards sur le graphique ci-dessous.

Mais alors si la masse monétaire multipliée par la vélocité est égale au PIB nominal. Pourquoi une hausse de 600% de la masse monétaire ne fait pas augmenter la croissance ?

Contrairement à ce que disait Friedman, la vélocité n’est pas constante, elle est même en chute libre.

La FED peut contrôler la masse monétaire comme est l’entend. Sans limites. Mais elle ne contrôle pas la vélocité, car celle-ci est comportementale. C’est moi, vous, nous qui décidons de cette vélocité. Si l’argent ne circule pas, qu’il est conservé pour des temps plus durs, la vélocité tombe.

Donc la FED et l’état doivent s’engager dans une propagande. Il faut convaincre le peuple de dépenser, de continuer d’emprunter, de faire tourner la machine. S’ils y arrivent, la vélocité se reprendra et la croissance nominale avec.

C’est la chose importante à savoir. C’est le jeu auquel ils jouent. C’est l’économie moderne.

Mais attendez, si la vélocité se reprend, et que la croissance nominale vient de l’inflation qui remonte, ça fera exploser les taux nominaux (des obligations), ça explosera le système non ? Eh bien non, une partie du plan est de maintenir les taux bas, en achetant des obligations à tour de bras avec le QE.

L’objectif est de maintenir des taux d’intérêt RÉELS négatifs. Avec un taux d’intérêt NOMINAL à 2% et une inflation à 4%, les taux réels sont à -2%.

Les taux négatifs sont évidemment une technique puissante pour inciter à l’emprunt. Indirectement, on vous paye pour emprunter. Et votre épargne perd 2% de sa valeur, elle est même divisée par DEUX tous les 35 ans. Quel intérêt donc, mieux vaut dépenser !

Pour que ça fonctionne, la FED a bien évidemment besoin de mentir sur ses intentions. Elle donne un objectif d’inflation à 2%, le grand public est à l’aise avec ce chiffre.

Maintenant si j’amène l’inflation à 4%, le grand public se dit que l’inflation est hors de contrôle.

Les attitudes changent.

Au lieu de repousser l’achat d’une voiture et d’un frigo, on se précipite pour les acheter de peur de voir leur prix augmenter trop vite. La vélocité repart et la croissance nominale avec.

C’est la carotte et le bâton. La carotte est les taux négatifs. Le bâton est le choc inflationniste. L’idée est de relance la dépense et l’emprunt, organiser le come-back du bon vieux modèle économique basé sur la dette et la consommation.

On replace la croissance nominale en tendance haussière, on refait monter les taux progressivement … Et ainsi ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps.

1 + 4 = 5
4 + 1 = 5

On rembourse la dette nominale avec de la croissance nominale. Si on ne peut PAS avoir de croissance réelle, alors on va chercher de l’inflation.

Au lieu du nirvana monétaire qu’est 1% d’inflation + 4% de croissance réelle, ils se contenteront de l’inverse, 4% d’inflation et 1% de croissance réelle.

Voilà le plan. Regardez attentivement. Ça arrive à grands pas, ces choses-là opèrent avec des décalages, donc on verra surement dès début 2014 ce scénario se mettre en place.

Leur stratégie est de faire cela simultanément sur différentes devises. C’est très net aux US, Royaume-Uni et encore plus au Japon. En Zone Euro, notre diversité complique les choses, leur plan est surtout de faire en sorte que l’Euro ne coule pas.

Jim Rickards qui m’a permis de comprendre tout ça. Son livre « Currency Wars » est à lire ! Jim a des contacts très hauts placés. Il explique que le pire dans tout ça, c’est qu’ils y croient en leur plan, ils sont convaincus qu’il va fonctionner.

C’est un combat contre les pays émergents. C’est le G4 contre le G16, la guerre des devises modernes est en route. Évidemment, il va échouer misérablement. Je vous laisse deviner qui sortira vainqueur.

Indice : ils ont inventé la boussole, le papier et la poudre à canon.

Si j'ai manqué de clarté dans certains passage, dites-le ci-dessous :

Commentaires

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eptrad41 20/09/2013

j'ai supprimé le post comme ca pas de conflits encore une fois désolé

Jean 20/09/2013

Pas de soucis ;)


Maserati 20/09/2013
Excelente analyse Jean-Loup que je souhaiterai complèter par un volet politique :1) La confiscation de l'or : Se couvrir en or et argent physique me semble bien inspirè,vu l' inflation a venir, mais n'oubliez pas le prècedent historique aux USA en 1933 par Roosevelt , la dètention d'or par les particuliers ètait interdite puisque tout l'or disponible devait etre monopolisè par l' Etat.Donc il est probable que tout èchange d'or chez les particuliers contre de la monnaie papier ( dèvaluèe) sera interdit et reprimè.Il ne restera que des pays limitrophes pour ce genre de troc et encore il faudra rapatrier en douce du papier-monnaie .2) la supression du papier-monnaie: Pour eviter ce genre d' èchappatoire, les gouvernements vont bien entendu supprimer l' usage du papier-monnaie, il est tellement plus facile de surveiller les individus avec la monnaie plastique-electronique ! En Italie on ne peut plus rien payer en espece au-dessus de 1000 € .Le seuil sera amenè a 300 € 3) La dèvaluation monètaire ( taux d'interet negatifs ) mise en oeuvre par les USA,le Japon, la GB se heurte a la rigueur de la BCE ; qui va survivre ? Le grand crediteur chinois va t'il renoncer a son achat de US T bonds vu q'il est remboursè en monnaie US devaluèe ? La Chine va t' elle se reporter sur l' Euro .A long terme, je ne vois que le Yuan , et des obligations de grandes societès en Yuans ( Dim Sum Bonds ) pour obtenir une certitude de retour du capital dans une devise qui doit forcèment s'apprècier.
Jean 20/09/2013

Oui c'est un dilemme. En cas de crise majeure, il est idéal d'avoir son or/argent près de chez soi. Mais je suis d'accord avec vous, comme en 1933...

Il est fort probable, qu'à court de ressources, ils viennent piocher dans nos poches. Donc sécuriser l'or à l'étranger est la seule option. Même si ça veut dire qu'en cas de crise très grave il faudra prendre un avion pour aller le rejoindre. 

La seule juridiction, que je connaisse, où l'or peut être sécurisé, où il est possible de l'acheter avec des garanties de transparence imbattables et avec des sociétés qui n'ont rien à voir, de loin ou de près avec les US et l'Europe. C'est Singapore. 

Pour ce qui se passe en Italie, c'est exactement ça, le contrôle des capitaux.  Mêmes techniques employés depuis des millénaires par des pouvoirs en perte de contrôle. C'est quelque chose qui redevient banale de nos jours, ça ne l'est pas !

Pour les US, je ne suis pas certain que cette fois ils s'attaquent à l'or. C'est un peu compliqué, il n'y en a probablement pas assez et il faut compter sur les gens pour le rendre.

Bien plus simple pour l'état, et surement quelque chose qui verra le jour... Échanger les 401k et autres IRA contre tenez-vous bien, des super obligations d'état qui ne valent rien.

Échanger leur fonds de retraite contre de la dette d'état serait une solution facile pour eux, c'est faisable en un weekend !

Une chose est certaine, et le nier est nier l'évidence... Ils vont tout ce qu'ils peuvent pour sauver leur système, pour conserver le pouvoir. Tout inclue prendre votre argent et envoyer l'armée dans les rues pour sécuriser les banques. 


Jérôme Boumengel 20/09/2013

Attention à ne pas confondre base monétaire et masse monétaire, cela peut fausser les conclusions...

On peut tout à fait avoir une forte augmentation de la base monétaire et en même temps une baisse de la masse monétaire !

Cordialement

 

Jean 20/09/2013

Juste. La base monétaire est une composante de la masse monétaire. Je vais faire attention aux termes. Vous constatez ici que masse ou base c'est sans appel : http://goo.gl/bZDrgg

Cordialement


Jérôme Boumengel 20/09/2013

Non, pas tout à fait, et c'est ce qui explique pourquoi il n'y a pas d'inflation. Car les réserves des banques commerciales à la banque centrale ne sont pas comprises dans la masse monétaire.

La condition nécessaire pour que ces réserves se déversent dans la masse monétaire est que les banques commerciales distribuent des crédits à l'économie (ménages et entreprises).

Ce n'est pas le cas depuis la crise des subprimes. Le graphique ci-joint est assez parlant également.

Jérôme Boumengel 20/09/2013

Plus fondamentalement, je pense que la théorie quantitative de la monnaie sous sa forme originelle est trop simpliste et ne correspond pas à la réalité économique.

Si c'était le cas, le taux de croissance du niveau des prix devrait être égale à celui de la masse monétaire.

Le graphique ci-joint illustre ma remarque...


Jean 20/09/2013

Les banques centrales sont une hérésie.

La FED existe depuis 100 ans, tout ce qu'elle a réussit à faire c'est diminuer la valeur de l'argent de 98% et créer de bulles.

Les politiques qui contrôle plus ou moins les BC ne comprennent rien à l'économie. 

Je suis plus du côté des Autrichiens perosnnalement. On est loin de tout ça aujourd'hui. 


Jérôme Boumengel 20/09/2013

Quant à Milton Friedman, je pense que ce gars fumait trop sa moquette !

Jean 20/09/2013

:D très probablement, mais c'est sur ses théories qu'ils se basent


Jérôme Boumengel 20/09/2013

Je préfère de très loin John Maynard Keynes... c'est lui qui dès les années 30 expliquait que la demande de monnaie obéissait à 3 motifs, dont celui de la spéculation.

50 ans plus tard, on peut constater que les périodes de croissance de la masse monétaire ont surtout bénéficié aux marchés financiers et immobiliers en créant de nombreuses bulles spéculatives.

Autrement dit, la distribution de crédit par les banques commerciales peut à nouveau créer des bulles spéculatives sur les actifs financiers ou immobiliers, sans que cela touche la demande de biens et de services.