Le baril atteint des niveaux historiquement bas

Olivier Bausse 1
Le baril atteint des niveaux historiquement bas

Depuis maintenant plusieurs semaines, le prix du baril de pétrole ne fait que baisser. Jeudi 11 décembre, la côte du brut léger sur le New York Mercantile Exchange est descendue sous le seuil psychologique des 60 dollars, du jamais vu depuis plus de cinq ans. Autre indicateur, le baril de « Brent » de Mer du Nord vient tout juste de passer sous la barre des 66 dollars.

 

Plus assez de demande

L’explication de cette baisse des prix est assez simple puisqu’elle est fondée sur la simple loi de l’offre et de la demande. En effet, l’offre de pétrole reste très abondante alors que la demande recule, notamment avec le ralentissement de la croissance chinoise. De plus, depuis que l’OPEP a annoncé, le 27 novembre dernier, le maintien de ses objectifs de production, les marchés se sont fait une raison à voir le prix du baril poursuivre sa chute en 2015.

Selon Adam Longson, analyste chez Morgan Stanley, « les prix du pétrole devraient baisser jusqu’au premier semestre 2015, le marché pourrait retrouver son équilibre entre l’offre et la demande dès le second semestre 2015, à travers une stimulation de la demande et une moindre hausse de la production américaine ».

En effet, alors que l’OPEP arrive à maintenir ses parts de marché ce sont les producteurs américains qui souffrent et vendent de moins en moins. Les coûts d’extraction du gaz et du pétrole de schiste aux Etats-Unis sont bien plus élevés que les prix de vente. Selon les analystes du courtier Raymond James, les dépenses d’exploration et de production des Américains devraient se réduire de 17% en 2015 et de 9% supplémentaires en 2016.

Les marchés financiers sont aussi touchés

Le recul du prix du brut jeudi 11 décembre a été l’un des éléments qui a provoqué des turbulences sur les marchés financiers mondiaux. La Bourse de Dubaï a notamment subi l’une de ses plus grosses pertes quotidiennes (-7,4%) en dix mois. Le marché d’Abou Dhabi a, pour sa part, chuté de 4,4%.

Ce nouveau repli a aussi conduit les industriels à continuer les coupes dans leurs investissements mais aussi dans leurs effectifs. Les grands groupes que sont BP, Statoil, ConocoPhilips et Chevron ont annoncé ces dernières semaines, la réduction de leurs investissements et la suspension de certains projets.

A titre d’exemple, le troisième pétrolier américain ConocoPhilips va couper 20% de ses investissements en 2015 en les ramenant à 13,5 milliards de dollars. Selon Ryan Lance, le directeur de la société, ce budget 2015 est « prudent compte tenu de l’environnement ».

Certains pays producteurs de pétrole sont aussi fortement pénalisés par cette chute persistante du cours du pétrole. Le Venezuela, le Nigeria, l’Irak, l’Iran, l’Algérie et la Lybie ont un prix d’équilibre qui se situe très au-dessus de la barre des 100 dollars pour un baril. Ce qui n’est par exemple pas du tout le cas pour les Emirats Arabes Unis qui ne sont pas si pénalisés que ça par la conjoncture.

On voit bien que tout le monde est touché par la chute des cours : les entreprises pétrolières en première ligne mais aussi les marchés financiers et les pays producteurs ou non producteurs. Le monde entier consomme du pétrole et même si cette baisse peut en réjouir certains à la pompe, il ne faut pas oublier qu’une chute aussi importante n’est jamais un bon présage. Espérons que le marché saura rapidement retrouver une certaine stabilité.

Commentaires

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Jean COLAS 17/12/2014

Finalement la décision de l'Arabie Saoudite du 27.11  de maintenir la production inchangée est stratégique: ils veulent sans doute créer les pires difficultés chez les producteurs qui produisent avec des coûts de production plus élevés que chez eux.
Et l'Arabie Saoudite a les reins financiers assez solides, étant producteur depuis longtemps, pour mieux passer le cap. Bref, un pétrole bas risque d'être d'actualité encore quelque temps.