L'heure de la revanche a sonné pour les minières aurifères

Sovanna SEK 5
L'heure de la revanche a sonné pour les minières aurifères

L’année 2015 commence bien pour l’or avec une performance positive d’environ 8,4 %. C’est mieux que le CAC 40 ou le S&P 500. Naturellement, les minières aurifères en ont profité avec une tendance à surperformer l’or lui-même : Barrick Gold (+18,8 %), Goldcorp (+29.8 %), Agnico Eagles Mines (+35,5 %). Avant de mettre en avant pourquoi elles peuvent tirer leur épingle du jeu en 2015 et plus, une explication s’impose sur le massacre boursier de ce secteur durant ses dernières années.

 

Pourquoi les minières aurifères ont sombré


De 2006 à 2011, les dirigeants des minières aurifères se sont laissé emporter par l’euphorie haussière du cours de l’once d’or en voulant privilégier à tout prix la croissance plutôt que la rentabilité. Ils n’ont pas hésité à sortir le chéquier pour faire des acquisitions à tout-va puis ont joué l’ignorance sur la hausse des coûts de production, l’impact environnemental et la réglementation fiscale des pays où ils produisent.

 

Avec la baisse brutale de cours du métal jaune à partir d’avril 2013, les minières aurifères ont pris un gros coup de massue sur la tête même si c’est une manipulation orchestrée par les banques centrales et les bullions banks. Les conséquences ne sont pas faites attendre : remplacement du management, cessions d’actifs, suppression d’emplois, reports de projets, fermeture des mines. D’un autre côté, cela permettra d’assainir le secteur. Afin de rassurer la communauté financière, les minières aurifères essayent de jouer à cache-cache en annonçant que leur coût de production en-dessous du prix de l’once d’or. Cependant ils ne prennent pas en compte les taxes et les provisions dans leurs estimations.

 

Cinq raisons positives sur les minières aurifères


1. La baisse du prix du pétrole est une bouffée d’oxygène pour les minières aurifères. En effet, pour faire sortir l’or des mines, cela nécessite beaucoup d’équipements à faire fonctionner (pelleteuses, tombereaux, tapis roulant, etc.) donc beaucoup d’énergie consommée.

 

2. Les devises des pays producteurs d’or ont vu leur taux de change baisser face au dollar. Cela revient à dire que les coûts libellés en dollars sont plus bas. Récemment dans un contexte de guerre des monnaies, la Banque Centrale du Canada a abaissé le taux directeur à 0,75 % et pourrait le faire de nouveau. Cher amis canadiens, vous risquez d’avoir une perte de pouvoir d’achat.

 

3. La conjonction de la baisse du prix du pétrole et celle des devises producteurs face au dollar aura un impact positif sur les bénéfices des minières aurifères même si le cours de l’once d’or ne bouge pas trop.

 

4. En période de déflation ou de dépression, les minières aurifères ont tendance à bien se comporter.

 

5. La possible perte de confiance des investisseurs envers les banques centrales. Merci à la BNS (Banque Centrale de la Suisse) d’avoir allumé la mèche en mettant fin au taux plancher des 1,20 CHF et tant pis pour les victimes. Quant à la BCE, le QE (Quantitative Easing) n’inspire pas la confiance en termes de partage des risques et de solidarité : 20 % pour la BCE et 80 % pour les banques centrales nationales. Sans le vouloir, Mario Draghi a anticipé la désintégration de la zone euro. Concernant la FED, elle n’arrête pas de jouer au poker menteur sur une hausse de taux directeur mais le pétrole de schiste pourrait gâcher ce scénario tant attendu par le consensus qui tombera de sa chaise. Ne soyez pas étonné que les intervenants chez les médias financiers feront semblant de ne pas reconnaître leurs erreurs car sinon leur clientèle prendra la poudre d’escampette.

 

Sources :

"What Is The Cost of Mining Gold ?", Jeff Desjardins of Visual Capitalist

"Comment se comportent les actions aurifères dans une dépression ?", Jeff Clark de Casey Research sur 24h Gold.

Commentaires

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trafalgar11 05/02/2015

Il serait bon de donner une liste de valeurs aurifères qui ont  bien géré la période de consolidation et qui ont un potentiel de reprise les plus important.

Merci

Sovanna SEK 05/02/2015

Bonjour trafalgar11,

Je ferai un article d'ici la semaine prochaine sur le compartiment de ce secteur d'activité.


trafalgar11 05/02/2015

Merci , je pense que cela peut nous aider à ne pas se tromper dans un secteur qui est très difficile à évaluer mais il est vrai que la baisse du pétrole devrait avoir un effet mécanique sur les futurs résultats.

Comme cela avait été le cas mais dans le sens inverse en 2011 où l'once continuait a monter alors que les aurifères ont stagné avant de s'éffondrer par la suite. L'impact du pétrole sur les résultats n'avait pas été anticipé......

Sovanna SEK 11/02/2015

Bonsoir trafalgar11,

Je ne t'ai pas oublié. Tu as constater que l'or a consolidé. Techniquement, c'est logique car une tendance haussière a besoin de respirer. Quant à mon billet sur le ou les choix des minières aurifères, c'est pour ce vendredi car je tiens à faire un article accessible à tous et surtout pas trop technique.

 

Cordialement.


trafalgar11 11/02/2015

Merci Sovanna

J'ai eu la chance de me positionner sur des aurifères canadienne ( alamos et semafo ) en début d'exploitation au début des années 2000 ( 2002 à 2005 ), leur ascension boursière a été stratosphérique jusqu'en 2011... après vous connaissez la suite.

Merci d'avance pour la selection d'aurifères qui pourrait superformer l'indice HUI