L’aversion au risque se propage à Wall Street

Jérôme Boumengel 1
L’aversion au risque se propage à Wall Street

Parmi les indicateurs que j’affectionne tout particulièrement pour anticiper les retournements de tendance du marché américain, il y a les spreads corporates qui reflètent une grande partie des risques pesant sur les sociétés américaines. C’est la raison pour laquelle, cet indicateur de sentiment de marché possède un vrai pouvoir prédictif sur les actions cotées à Wall Street. Inutile de préciser que cette raison théorique et pleine de bon sens est évidement confirmée par les tests statistiques.

Comme spread, j’utilise la différence entre les taux d’intérêt des corporates américains notés Baa par Moody’s, et ceux notés Aaa. Quand le spread s’élargit, cela signifie que les obligations émises par les sociétés les plus solides financièrement, autrement dit les mieux notées par l’agence de notation (Aaa), sont davantage recherchées que celles qui sont moins bien notées (Baa). En effet, quand les investisseurs commencent à avoir des doutes sur l’état de l’économie, ils préfèrent se positionner sur les obligations notées Aaa plutôt que sur les obligations notées Baa. C’est un exemple bien connu de comportement de « flight to quality ».

L’observation du spread montre que depuis juin 2011, celui-ci a recommencé à s’élargir, passant d’un plus bas à 0,75% à un plus haut de 1,45%. Depuis le début de l’année, le spread se maintient à un niveau proche de ses plus hauts de 2011. Les investisseurs continuent donc de préférer les obligations corporates dont le risque de signature est le moins élevé. On peut noter une anomalie puisque dans le même temps, l’indice SP500 a réalisé cette année un plus haut à 1400 points.

Compte tenu du pouvoir prédictif du spread corporate sur l’indice SP500, l’aversion au risque devrait également s’étendre à la Bourse de Wall Street. C’est ce qui a commencé à se produire puisque depuis mon alerte baissière sur le marché américain, l’indice SP500 a déjà perdu près de 7% (Wall Street : alerte baissière sur le Dow Jones). Un nouvel élargissement du spread se solderait par un nouveau mouvement de correction sur les actions américaines.

Dans cette perspective, je conseille de conserver le tracker sur l’indice de volatilité des options américaines (Le VIX : un timing opportun pour une stratégie alternative).




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Pourquoi utiliser le VIX qui ne fait qu'indiquer qu'on est au fond du trou ou sur le sommet d'un gratte-ciel ? Le VIX, c'est quand on a un rhume, point. Il est évident, qu'après des sommets atteints par un grand nombre d'actions US, il va y avoir un retour vers la moyenne. Une simple moyenne mobile suffit.