Certains articles parus dernièrement sur la toile font preuve d'un étonnant optimisme.
S'agissant du marché de l'immobilier en France, on constaterait un ralentissement de la baisse des prix.
D'autres prévoiraient une reprise du marché au printemps devant inciter les vendeurs à vendre dans de meilleures conditions et ainsi redonner confiance aux acheteurs. Le marché américain serait en pleine reprise, et par capillarité ( et par magie) nous devrions, nous français, bénéficier de cette renaissance.
La crise est terminée, la baisse des prix de l'immobilier n'est plus d'actualité...en somme tout va très bien.
Si les prix ne chutent pas abruptement, ils baissent réellement, de manière régulière, en Province (bien sûr) et à Paris (évidemment).
Il suffit d'analyser en détail les sites d'annonces pour se rendre à l'évidence: les prix "affichés" baissent.
Au printemps 2011 le 16ème arrondissement ou le 17ème bourgeois s'affichait au même prix que le 18ème arrondissement populaire... Le marché ne pouvait que se retourner.
Les mêmes analystes (souvent les présidents de chambres notariales, les directeurs de réseaux d'agences) prétendaient que les prix à Paris sur la période 2008/2009 ne baissaient pas ou peu. Les termes employés sont ceux de la langue de bois d'usage dans le milieu de l'immobilier: "simple correction", "oui effectivement on constate un tassement", "le marché se normalise".... Rien de très significatif nous dit-on.
Pour simple rappel, à Paris au 3ème trimestre 2008, le prix moyen du m2 était de 7259€/m2, au 2ème trimestre 2009 il n'était plus que de 6084€/m2 (source "lavieimmo.com")
La crise de l'immobilier a commencé en 2008 et ne s'est jamais arrêtée. Nous avons vécu une parenthèse d'explosion des prix, déconnectée de la réalité économique et des niveaux de rendements locatifs généralement attendus.
Pire, l'état et les institutions financières ont favorisé l'apparition d'une telle bulle immobilière. Le marché aurait dû simplement se "dégonfler" (oups de la langue de bois) en 2008/2009 pour «atterrir» en douceur (encore de la langue de bois) en 2010/2011.
L'injection massive de liquidité dans la machine économique, des taux historiquement bas, l'instauration d'avantages fiscaux ont incité les particuliers à se tourner dans la précipitation vers la pierre.
La bulle de 2010/2011, conséquence d'une "trappe à liquidité", n'est en fait qu'un symptôme de notre crise actuelle: le marché était simplement en rémission.
D'où l'apparition d' une forme d'exubérance irrationnelle dans les comportements. Seuls les professionnels comme les marchands de biens, auront été les grands gagnants de cette course folle.
Afin de récupérer leurs gains, les profanes ne bénéficieront plus de la hausse des prix et devront faire preuve de patience. Reste à savoir combien de temps va durer cette baisse ? 5,10,15 ans ?





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