Jobs de l’avenir et avenir des jobs

Marc GILSON 0
Jobs de l’avenir et avenir des jobs

Blogueur VIP à Sydney, explorateur du "bush", soigneur animalier, chroniqueur gastronomique, photographe à Melbourne ou gardien de parc naturel: l'Australie offre cette année non pas un, mais "six meilleurs jobs du monde’’. Et ils sont ‘open’ à des non-australiens (français par exemple, ou sud-coréens). Il faut être âgé de moins de 30 ans, dommage.

En France (et dans les pays limitrophes), les métiers d’avenir, ceux qui devraient se développer et permettre de passer dans la phase suivante du développement économique sont –notamment- tous ceux qui sont liés à l’Internet, au développement durable, aux économies d’énergie, au coaching, aux services à la personne. En tout cas si on en croit le site letudiant.fr et tout cela semble logique.

Reste à voir si le système éducatif prépare déjà à ces nouveaux métiers, si les entreprises s’investissent déjà dans ces nouvelles directions, si les intéressés eux-mêmes sont déjà bien informés sur ces possibilités.

Est-ce que cela suffira ? Y a-t-il assez de souplesse dans les formations dispensées pour favoriser une adéquation offres-demandes ? Si toute adaptation prend du temps (pas seulement de l’argent), il faut redouter que les besoins constatés aujourd’hui ne soient plus les mêmes que lorsqu’on s’est attaché à y répondre… Par exemple, dans les services à la personne dont le potentiel est énorme : avec le vieillissement des populations, on sait que l'aide à domicile des personnes âgées deviendra le secteur d'emploi le plus important de l'économie avant 2050... si une bonne partie de ce travail n'est pas faite par des robots. Si, si, c’est ce qui est en train de se préparer. (Nous nous inspirons ici des réflexions de Paul Seabright publiées par Le Monde mais sous un autre angle de vue).

Ce genre de problématique pose une question importante sur l’impact de l’innovation sur le marché de l’emploi et plus généralement sur l’économie. La question de savoir si l'innovation est en train d'accélérer ou de stagner ne peut pas se résoudre à un calcul coût-bénéfice de son apport économique. L'importance de certaines innovations ne se mesure pas à leur contribution au revenu national ou au marché de l’emploi, souvent parce que leur prix baisse à cause de leur adoption généralisée.

Par exemple, la téléphonie mobile coûte à chacun quelques dizaines d'euros par mois, mais elle a entraîné des changements assez radicaux - et très largement positifs, notamment pour l’emploi - dans l'organisation de la vie. En revanche, de nouvelles technologies médicales réussiront sans doute à prolonger péniblement la vie de certains malades de quelques mois, à un coût de plusieurs vingtaines de milliers d'euros par personne.

Et dans l’ensemble de l’activité économique, et donc pour le marché de l’emploi dans nos régions (on ne parle pas d’économies émergentes), toute l’innovation technologique qui doit offrir de nouveaux jobs est aussi destructrice d’emplois. C’est ainsi.

Une question reste lancinante : la définition du plein emploi et surtout la notion du chômage structurel et surtout son niveau. Dans les années à venir, dont on pense qu’elles ne génèreront pas vraiment de croissance, il est probable que le niveau du chômage restera élevé et qu’un nouveau ‘seuil’ de non-emploi incompressible sera redéfini. Et dans cette nasse on retrouvera les personnes peu ou pas formées, les diplômés qui auront choisi les filières ‘bouchées’, et bien sûr quelques profiteurs impénitents ou des intelligences limitées qui ne pourront qu’être assistées.

Tout est mêlé : politique économique, rigueur budgétaire (ou pas), réforme de l’Education, choix de solidarité (ou pas), âge de la retraite, ré industrialisation, objectifs de la Recherche, etc.

Ce n’est pas le moment de faire de mauvais choix.

@MarcGilson

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