IPSC & Régénération: Entre rêve et réalité

Guillaume HABAULT 0
IPSC & Régénération: Entre rêve et réalité

Si le rêve de l’homme de voler tel Icare a déjà été atteint, celui de devenir immortel reste encore à conquérir. L’idée folle de l’immortalité a germé dans l’esprit des hommes dans les année 1990 avec les premiers clonages animaux. Aujourd’hui la brebis Dolly trône empaillée dans un musée sans avoir révélé tous ses secrets. Et si l’homme ne peut atteindre l’immortalité, la jeunesse éternelle a remplacé cette obsession. Chez l’homme, la régénération tissulaire a été perdue au cours de l’évolution. Seuls certains organes continuent de bénéficier de ce mécanisme, comme les os, les muscles et le foie.

 

Dans un village mondial où l’on vit de plus en plus vieux, maîtriser la régénération tissulaire implique des retombées sociales phénoménales. Maintenant que les technologies d’études du vivant ont franchi un verrou technologique avec le projet génome humain, le secteur santé peut s’attaquer à l’étude de la régénération tissulaire. Les cellules souches d’origines embryonnaires arrivées sur le devant de la scène dans les années 2000 se sont heurtées à un mur technique  et éthique. Ce coup d’arrêt forcé, a obligé les chercheurs à trouver une alternative, la solution se trouvait dans le code source de nos cellules, l’ADN. En reprogrammant des cellules de peaux ont peut obtenir des cellules souches, les iPSC (Cellules Souches Pluripotentes induites).

 

Une biotech Française, Cellectis (FR0010425595 ALCLS), a annoncé cette année une offre grand public pour transformer vos cellules de peaux en cellules iPSC et les stocker pour des décennies. Cette offre, Sceil, est un pari sur l’avenir, la promesse que dans un futur proche on pourra utiliser ces cellules pour traiter les clients. Si le lancement de cette offre a rencontré un succès médiatique total, l’objectif technique reste inachevé. En effet, nous atteignons ici les limites de la connaissance humaine. Et tout comme pour la biotech américaine Organovo qui travaille sur une imprimante tissulaire, il faudra encore de nombreuse années au secteur de la recherche publique pour apporter éléments nécessaires au secteur privé pour avancer. Les traitements utilisant les iPSC sont encore à l'étude. Cependant il est fort probable que dans quelques décennies, de nombreuses maladies comme le cancer, certaines maladies infectieuses disparaissent purement et simplement. Il ne restera alors plus que le vieillissement pour entamer notre santé. Le simple coût du cancer en europe a été estimé à 126 milliards d'euros en 2009. C’est pourquoi la régénération chez l’homme offre des perspectives formidables et investir sur cette thématique sur le long terme ne peut être qu'un pari gagnant.

 

Dans univers où le temps boursier est différent du temps scientifique, la biotech Française Cellectis est aujourd’hui en difficulté. Le groupe a annoncé à la fin du mois de septembre une hausse de de 40,7% de la perte d'exploitation sur le premier semestre 2013. La trésorerie a été divisée par deux depuis fin 2012 pour atteindre 9,5 millions d’euros. Dernier point, une augmentation de capital ou un financement en fonds propres sont à envisager. De plus, les nombreux projets des différentes filiales du groupe ne devraient pas générer de revenus à court terme ce qui ne devrait pas aider le cours à remonter. Depuis le premier janvier, le titre à reculé de près de 50% dévoilant un cours intéressant, le dossier reste à surveiller pour les prochains mois afin de saisir les opportunités qui sauront se présenter.

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