INDICES : "trade what you see, not what you think"

Parthénon 13
INDICES : "trade what you see, not what you think"

Bonjour,

L'orientation des marchés demeure haussière (l'alerte sur le MIB, l'IBEX et les Banques a été levée rapidement) et celle-ci devrait se prolonger jusqu'à la fin de l'année minimum même si une consolidation intermédiaire est probable.

Ce rally peut sembler surréaliste dans le contexte fondamental actuel : PMI en berne, chômage en hausse, sentiment économique et perspectives au plus bas, dégradation des dettes... Mais c'est oublier que Bourse et Fondamentaux suivent souvent des trajectoires opposées. Et ce, pour de nombreuses raisons : CONSENSUS, FLUX, SAISONNALITE, ANTICIPATION et GRAPHIQUES.


CONSENSUS : dès la mi-octobre, les divers indicateurs de sentiment dévoilaient un pessimisme difficilement compatible avec un repli de moyen terme. Plusieurs analyses mettaient en avant cet argument :

- Indicateur de Sentiment : pas de complaisance vis-à-vis de la hausse, le 16-10-2012.

- Indices : supports maltraités malgré le pessimisme des Indicateurs de Sentiment, le 26-10-2012.

Actuellement, on assiste à un épurement du sentiment baissier. Lorsque une certaine quiétude sera revenue sur les Indicateurs de Sentiment, une correction de CT sera proche.

 

FLUX : cette notion est tout à fait redoutable et l'analyse technique est une des rares méthodes à pouvoir la dévoiler. Voici un exemple concret qui nous a été servi cette année, très précisément le 26 juillet. Ce jour là, Mario Draghi sort de sa réserve, défendant vigoureusement l'intégrité de la zone Euro. Ces quelques mots, sans mesures associées, ont bouleversé la lecture graphique et le sentiment des investisseurs. Sur le CAC, la redoutable barrière à 3290 a alors été pulvérisée et je m'en souviens d'autant mieux que j'étais short sous ce niveau...

"Don't fight the Fed" est un adage très connu outre-atlantique. Il s'applique désormais à l'Europe : on ne vend pas contre les banques centrales et leur QE/LTRO. Graphiquement, on constate que la zone 3290-3350 est logiquement devenue support, lançant le rally de fin d'année.

 

 

 

SAISONNALITE : fort des deux constats précédents, la saisonnalité suggérait une fin d'année sous de bons auspices. L'analyse du 31-10-2012 l'évoquait : "Indices : la saisonnalité devient idéale". 

 

ANTICIPATION : rien de plus irrationnel qu'un marché qui monte pour des raisons qu'on ne comprend pas. C'est exactement ce que l'on voit puisque aucune sortie de crise ne pointe à l'horizon (on évoque vaguement un reprise en 2014). C'est oublier que la bourse agit comme un mécanisme d'intégration avancé des nouvelles, mécanisme qui peut anticiper les fondamentaux jusqu'à 6 ou 18 mois à l'avance.

Les acheteurs sont du coup placés dans un schéma psychologique inconfortable : acheter contre la raison. Ils en deviennent minoritaires, ce qui alimente d'un point de vue contrarien la spirale haussière. 

 

GRAPHIQUES : force est de constater que la pire crise économique, politique, financière que nous traversons depuis l'après-guerre est invisible sur certains graphes, DAX et US en tête. Sur les graphiques sensibles (IBEX, MIB, BANQUES), nous observons une résilience. L'Eurostoxx vient même de franchir une résistance ô combien symbolique, envisagée dans l'analyse du 20-11-2012 : "INDICES : la rally de fin d'année a-t-il démarré ?". Refaisons le point sur cet indice :

 

 

La résistance majeure, symbole de la crise de la dette, est effacée. La crise, si présente dans nos esprits et notre quotidien, serait-elle sous contrôle ?

 

CONCLUSION :

Le mouvement boursier ascendant qui se développe depuis à présent un mois peut paraître déconnecté de la réalité : il prend en réalité sa source dans de nombreuses raisons logiques : CONSENSUS, FLUX, SAISONNALITE, ANTICIPATION et GRAPHIQUES.

Deux célèbres adages boursiers résument la situation actuelle : "Trade what you see, not what you think" et "le marché a toujours raison".

A ce titre, les graphes continuent de nous dire que les indices ont envie de monter et que ce mouvement perdurera probablement pendant quelques semaines supplémentaires. Sur le CAC, on peut même placer un objectif de moyen terme à 3860, entrecoupé d'un correction intermédiaire violente. J'y reviendrais dans une prochaine analyse.

Commentaires

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Alain B 17/12/2012

Merci pour ces informations utiles.

Parthénon 17/12/2012

Le point bas de 10h a été cassé, la consolidation se poursuit, la marché se cherchant un support. Si on observe le CAC depuis le gap d'expulsion du 29 janvier, on constate que la volatilité s'est écrasée et n'offre que 40 points d'amplitude max entre plus haut et plus bas. C'est très typique des bull market.

Conséquence : point bas max du jour 3600 avant rebond.

Parthénon 18/12/2012

Bonjour, petit gap haussier daily à combler avant de repartir vers l'avant.

Parthénon 19/12/2012

Bonjour,

Quel rally sur le Nikkei ! Appréciez au passage le signal de moyen terme.

Parthénon 19/12/2012

CAC 60 minutes :

RAS, montée en escalier très propre.

Parthénon 19/12/2012

Le marché achète tout sans distinction en cette fin d'année. Actuellement, les grandes perdantes de l'année UG et ALU réalisent un rattrapage, en partie lié aux rachat des grosses positions shorts accumulés sur ces titres.

UG se dirige vers le haut de son canal :

Idem sur ALU :

 

 

Brouxd 04/01/2013

Bravo, cet article est l'un des plus lumineux que j'ai pu lire en plusieurs années de blog.

Je t'en remercie Parthenon

Bernard

Parthénon 04/01/2013

Merci Bernard, c'est un très beau compliment !