Facebook ou la grenouille qui voulait devenir plus grosse que le boeuf

Jérôme Boumengel 1
Facebook ou la grenouille qui voulait devenir plus grosse que le boeuf

Une grenouille vit un bœuf qui lui sembla de belle taille…. Vous connaissez certainement cette fable de Jean de la Fontaine. Et bien Facebook me fait un peu penser à la grenouille. Après son introduction à la Bourse du Nasdaq, digne d’un record du Guiness, le titre s’illustre maintenant par une chute spectaculaire de près de 32% depuis son IPO. La question que tout le monde se pose, et surtout ceux qui ont souscrit au prix de lancement de 38$, est jusqu’où l’action Facebook peut elle descendre ? Car c’est certain, le titre va continuer à baisser et toute la propagande orchestrée avant l’introduction va se révéler une véritable duperie.

Dans l’analyse que j’ai rédigée le 16 mars dernier, Faut-il acheter l’action Facebook ?, je soulignais trois éléments du dossier qui devaient mettre en garde le candidat actionnaire. Le premier avait trait au nombre d’utilisateurs revendiqué par le réseau social sur internet, et qui me paraissait largement surévalué. Le deuxième élément reposait sur le ralentissement des recettes de Facebook. Le troisième mettait en avant la valorisation ubuesque à laquelle s’est faite l’introduction, et qui faisait ressortir un PER prévisionnel pour 2012 de l’ordre de 60 !

A la lumière des dernières informations, je pourrais ajouter également la rumeur qui prêterait à Facebook l’intention de sortir son propre smartphone d’ici l’année prochaine et qui apporte une nouvelle source d’incertitude à ce dossier. Pourquoi vouloir réinventer la roue plutôt que de développer des applications de téléphone avec vidéo accessibles directement depuis l’application internet ?

Alors comment valoriser le titre Facebook ? Il existe un ratio boursier qui a fait ses preuves depuis une centaine d’années : c’est le PER ou Price Earning Ratio. Or Facebook n’est jamais qu’une simple application internet comme Yahoo, Google ou tant d’autres. Pourquoi la société de Mark Zuckerberg devrait-elle se différencier des autres acteurs de son secteur ? Il n’y a aucune raison, et si Yahoo et Google se payent 16 fois les bénéfices 2012, pourquoi pas Facebook ? Avec une estimation du bénéfice de Facebook de l’ordre de 0,66$ par action pour 2012, le titre devrait donc valoir en Bourse à peine un peu plus de 10$ !

Vous pensez que c’est un peu exagéré ? Je vous répondrai que c’est comme cela que fonctionne les marchés boursiers depuis leurs origines, et qu’après avoir commis un excès dans un sens, le marché en commet toujours un dans l’autre sens. Comme le disait Lao Tseu, « le retour est le mouvement du Tao, et l’éloignement implique le retour ».

Commentaires

Avantages d'être membre

Postez vos commentaires. Vous pouvez aussi y ajouter des graphiques et des images afin d’illustrer vos propos.

pourquoi 06/06/2012
Les boursicoteurs sont des moutons de panurge. C'était évidemment le miroir aux alouettes qui allaient tombées toutes roties dans la poele Je trouve que cela est bien fait pour les naifs de tous bords... Il est tout à fait sage d'attendre une valorisation dans la lignée de autres qui ont fait leurs preuves....