Euro/dollar et théorie de la parité du pouvoir d'achat

Jérôme Boumengel 1
Euro/dollar et théorie de la parité du pouvoir d'achat

Selon la définition de l'INSEE, la parité des pouvoirs d'achat (PPA) représente le taux de conversion monétaire qui permet d'exprimer dans une unité commune, les pouvoirs d'achat de différentes monnaies. Ce taux exprime le rapport entre la quantité d'unités monétaires nécessaire pour se procurer le même panier de biens et de services dans deux pays différents, par exemple les Etats-Unis et l'Euroland,

Autrement dit, la valeur intrinsèque d'une monnaie sur le long terme (plusieurs années) est déterminée par le montant de biens et de services qu'elle permet d'acquérir, c'est à dire par son pouvoir d'achat interne, qui évolue en sens inverse de l'inflation. La méthode de la parité des pouvoirs d'achat peut  ainsi être utilisée comme un indicateur de la sous-évaluation ou surévaluation d'une devise par rapport à une autre. 

Dans le cas des Etats-Unis et de l'Euroland, on constate que l'euro/dollar fluctue depuis plus de 30 ans autour de sa PPA. Dans le graphique ci-dessous nous avons remplacé  en première approximation la PPA par le ratio entre les indices des prix à la consommation de chacun des deux pays.

Lorsque le ratio progresse, cela veut dire que l'inflation aux Etats-Unis surperforme celle de l'Euroland ; si l'inflation monte, elle monte davantage, si l'inflation baisse, elle baisse moins. Dans les deux cas, la valeur intrinsèque du dollar se déprécie, ce qui  en théorie devrait se traduire par une hausse de l'euro. A l'inverse, lorsque le ratio diminue, ce qu'il fait depuis septembre 2008, la valeur intrinsèque du dollar s'apprécie, ce qui devrait se traduire par une baisse de l'euro. 

Depuis janvier 2003, l'euro/dollar est au-dessus de son ratio d'inflation, avec deux tentatives de retournement, la première en 2005 et la seconde en 2008. Il semble que depuis le début de l'année, l'euro/dollar tente à nouveau de s'éloigner de sa valeur intrinsèque. Car si à long terme,  le taux de change tend à converger vers sa valeur intrinsèque (PPA), il existe à moyen terme des forces différentes entrainant des périodes de sous-évaluation ou de surévaluation engendrées notamment par les comportements spéculatifs des intervenants.

Par exemple, depuis le début de l'année, le différentiel des taux d'intérêt à long terme entre les deux pays s'est amélioré  de 50 points de base en faveur de l'euro. Toutes choses égales quant au risque pays, il est alors plus intéressant de placer sa trésorerie en emprunts d'Etat de la zone euro plutôt qu'en bons du Trésor américain.

Nous maintenons notre opinion positive sur l'euro avec un objectif à 1,50$ d'ici la fin de l'année.

Commentaires

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Akkouche 16/11/2013
Bonne initiative ;données et études appréciables.