Et le meilleur analyste CAC de l'année est ...

Guillaume DUMANS 0
Et le meilleur analyste CAC de l'année est ...

2012 a été usante pour les acteurs de marché. En la regardant indépendamment des autres années on aurait pu dire qu’elle n’avait pas été si dramatique ! Mais le problème c’est qu'elle est arrivée après 5 ans de crises sans discontinuer. La patience, la mesure, et la rationalité ne sont plus les meilleurs amis des traders et leurs portefeuilles ont souvent été victimes d’émotions et d’excès en tout genre. Notre Bilan 2012 est sans appel : seul 45 % des analystes intraday sont parvenus à enregistrer une performance positive sur la période !

Retrouver notre bilan comportementale 2012 et les perspectives 2013

Aroon Bourse a bien anticipé la vague haussière sans être inquiété par le pessimisme ambiant, il totalise 837.19 points sur l’année. Le podium est complété par Boursowin et M7191955 qui concluent l’année avec de très belles performances.


L’année 2012 a été marquée par plusieurs phases de marché intéressantes : un premier trimestre qui a enregistré un gain de 400pts puis de fortes inquiétudes sur l’avenir de la zone euro jusqu’à l annonce de Mario Draghi fin juillet et enfin les péripéties autour du Fiscal Cliff. Pouvez-vous nous donner les principaux événements ou situations de marché ayant influencé vos anticipations ?


Arnaud - Blog Aroon Bourse - (1ère place)

L’année 2012 n’a pas été très simple à gérer car il y a eu de nombreux retournements de tendance. Pour être honnête, je n’ai pas eu vraiment de stratégie de trading préétablie car je naviguais à vue (au rythme des dépêches et des mouvements de marché). J’avais de fortes convictions de tendance à moyen terme mais je restais attentif aux éventuelles fluctuations journalières pour effectuer quelques aller-retour. Pour faire une petite métaphore, j’étais le capitaine d’un paquebot (aller d’un point A à l’objectif B) mais en essayant d’anticiper et de contourner au mieux les mauvaises vagues.

Il fallait donc être précis sur le timing pour pouvoir rentrer sur les points bas sans pour autant shorter trop rapidement.

Côté titres vifs, j’ai eu la chance d’avoir profité des belles hausses de certaines valeurs dont récemment PAJ, ACA et ALU.


Ryan - Blog Boursowin - (2ème place)

La nouvelle la plus marquante de l’année 2012 fut incontestablement l’intervention et l’annonce de Mario Draghi fin juillet. Pour la première fois dans l’histoire de l’Europe nous avons découvert que nous n’avions pas seulement une banque centrale qui se contentait de lutter contre l’inflation mais qui prenait également des décisions pour lutter contre la dette et pour le soutien de l’économie. Cela a tout changé et depuis cette intervention les marchés sont haussiers.

Pour mener à bien mes investissements j’ai toujours pris des décisions selon les prévisions de croissance à moyen terme et à l’aide de l’analyse fondamentale.


Daniel - Pseudo M7191955 sur Boursorama - (3ème place)

Le premier évènement fut le pessimisme ambiant lié au risque systémique et propice à la volatilité. Ensuite cette crainte écartée, il restait l’environnement économique européen récessionniste qui incitait les acteurs à plutôt privilégier les obligations Corporates (segment High Yield) et les Actions pour plusieurs raisons :

- les taux d’intérêts diminuent afin de relancer l’économie, pas de pression inflationniste. Le marché des actions est à son plus bas.

- la hausse sur les titres de créance à court terme est passée, on alloue une diminution de cet actif dans le portefeuille au profit des actions.

- les obligations sont encore haussières, mais le potentiel de hausse est limité par rapport à l’étape précédente. Les investisseurs sélectionnent donc des obligations bénéficiant d’un rating de moins bonne qualité pour obtenir un rendement similaire.

- les acteurs cherchant de la rentabilité se tournent vers les secteurs ayant normalement atteint leurs plus bas : valeurs industrielles ou automobiles.

Le deuxième est d’appréhender les analyses techniques, microéconomiques et macroéconomiques, de les passer au « shaker », d’analyser, d’ajouter un peu d’expérience, un peu de bon sens, du recul par rapport aux articles de la presse financière sur les évènements à venir et enfin fixer son plan de trade.

Bien évidemment la stratégie sur les points de trade est importante, mais il est bon de privilégier le trend en priorité (la tendance est votre amie).

Ensuite on appréhende les signaux en fonction de son propre type de trade car les points d’AT sont connus par tous ceux qui la pratiquent.

Mais c’est comme le poker, le plus important ce ne sont pas les points c’est ce que vous en faites! (Jean-Louis Cussac "Perceval Finance Conseil" est une référence pour moi)

 

 « Les marchés évoluent rarement comme le consensus le prévoit »


Les situations de marché ayant influencé mes anticipations ont été essentiellement liées aux principaux évènements de l’année boursière :


- sur la première partie de l’année, les scénarios de « fin du monde » et d’éclatement de la zone euro fleurissaient rendant les investisseurs timorés.

- puis le marché a commencé à se redresser au début de l’été et surtout fin juillet grâce à "l’effet Draghi". Les propos rassurants du banquier central ont éloigné les craintes de risque systémique et permis le rebond estival, le marché, a réagi davantage aux politiques monétaires et budgétaires qu’à la croissance économique.
- puis le gouvernement ayant fait de la restauration des finances publiques une de ses priorités, il a rassuré les investisseurs et permis de réduire le spread des taux d’intérêts entre la France et l’Allemagne.

- le 13 septembre Ben Bernanke, annonce le lancement d’un QE3 un troisième plan d’assouplissement quantitatif, cette annonce d’injections de liquidités a permis un relai à la rentrée de septembre pour les marchés.

- Enfin le déblocage du prêt à la Grèce dans le sillage du succès du rachat de la dette grecque et l’accord sur l’Union bancaire ont accru la visibilité de la zone euro et permis une détente sur les taux des pays du sud de l’Europe grâce au recul des inquiétudes.

Dans les grandes thématiques, les investisseurs en début d’année ont privilégié:
- les valeurs qui délivraient de belles perspectives de croissance à l’international. Celles qui étaient plus exposées à l’Europe ont souffert de cette conjoncture européenne atone ainsi que celles exposées aux matières premières sur fond d’inquiétudes sur la croissance chinoise.

Le risque systémique écarté :

- les financières ont directement profité de l’effet Draghi.

- la détente des taux a enclin certains investisseurs à délaisser les obligations d’états peu rémunératrices pour se porter sur le marché actions où le ratio risque/rendement se trouvait mieux apprécié.

 


Projetons-nous en 2013, quelles sont vos anticipations pour les mois à venir ? Privilégiez-vous certains secteurs 
?

 

Arnaud - Blog Aroon Bourse - (1ère place)

Je reste persuadé que les 4000pts seront attaqués en 2013 mais sans la certitude qu’on finira l’année au-delà de cette résistance psychologique. Il serait prétentieux de donner un niveau de CAC pour fin 2013 surtout qu’il est probable que cette nouvelle année aura le droit à son lot de mauvaises nouvelles (on y est habitué depuis 2008). De plus, il reste encore de vraies zones d’ombre et il faudra rester extrêmement prudent et être très réactif aux moindres signaux de retournement. Je n’ai pas une stratégie sectorielle mais je pense que ce sera le retour de certaines valeurs telecoms et bancaires. Ensuite, il faudra privilégier un scenario de sortie de crise et bien cibler des titres avec du potentiel en prenant en compte l’analyse technique mais aussi les fondamentaux de ces valeurs. Je ne fais pas de long terme donc impossible d’indiquer un choix de valeurs précis aujourd’hui.

D’un point de vue technique je dirais que la grosse résistance à passer est sur les 4000pts et qu’il ne faut surtout pas casser les 3100pts pour ne pas invalider le canal haussier long terme.

 

Ryan - Blog Boursowin - (2ème place)

En 2013, les marchés devraient être haussiers à priori en suivant le vieil adage "Sell in may and go away".

Je préconise donc d’être acheteur jusqu’au mois d’avril puis tout vendre au mois de mai et jouer la baisse puis revenir sur les marchés à l’achat en octobre 2013 et tenir pour le rallye de fin d’année.

Je n’ai que rarement joué les secteurs. Je privilégie plutôt les sociétés ayant de bons fondamentaux (Illiad free, Technip, Gemalto, Bonduel, Air liquide). Le fait que l’ensemble des marchés actions doivent progresser n’empêche pas les analystes de se positionner sur des valeurs de qualité en cas de brusque retournement.

Concernant les niveaux il n’y a malheureusement en bourse jamais de réelle résistance ou support, les marchés sont souvent si excessifs que l’on peut monter très haut très vite et inversement.

 

« Je privilégie les sociétés ayant des fondamentaux solides : Illiad free, Technip, Gemalto, Bonduel, Air liquide »

 

 

J’ai longtemps essayé de pronostiquer les points hauts et bas et j’ai toujours eu tort, le plus important est de savoir lorsque les marchés sont haussiers et lorsqu’ils vont passer en zone baissière.
Je ne me fixe jamais d’objectif mais je tente d’être « dans le coup » en espérant que le marché évoluera dans le sens identifié.


Daniel - Pseudo M7191955 sur Boursorama - (3ème place)

Cet exercice est aussi convenu que malaisé car on sait que les marchés évoluent rarement comme le consensus le prévoit.

La problématique de la croissance va revenir sur le devant de la scène et les grandes lignes s’articulent autour :

D’une progression peut-être plus modérée des actions avec une possible sous-performance des marchés US au bénéfice de l’Europe et des pays émergés de l’aléa budgétaire qui pèse toujours aux Etats-Unis et qui inclura la nécessité de rester vigilant, réactif et pragmatique face aux évènements de 2013.

 

  

Un dernier commentaire sur cette belle performance au cours de l’année 2012 ?

 

Arnaud - Blog Aroon Bourse - (1ère place)

C’est un honneur pour moi de finir à cette 1ère place. J’espère pouvoir renouveler cette performance l’année prochaine ! Ces dernières années de trading m’ont appris qu’il faut rester humble et toujours savoir remettre en question ses avis de tendance si on ne veut pas s’enfoncer dans une auto-persuasion qui mène à la ruine. Il est difficile d’obtenir des performances régulières car les marchés actuels sont ultra rapides. Les flux de données sont impressionnants en cette période de crise.

 

« Il faut rester humble et toujours savoir remettre en question ses avis de tendance si on ne veut pas s’enfoncer dans une auto-persuasion qui mène à la ruine »

 

Les meilleurs traders seront ceux qui auront un mental à toutes épreuves et qui maitrisent aussi bien l’analyse technique que les aspects micros et macroéconomiques (il faudra être polyvalent pour s’en sortir). Je tiens aussi à remercier le bureau d’analyse comportementale 2Bremans pour ses travaux ainsi que tous mes lecteurs et lectrices qui viennent me lire quotidiennement depuis 2009.

 

Ryan - Blog Boursowin - (2ème place)

Je suis déçu j’aurais voulu être 1er (rire). Plus sérieusement c’est toujours un honneur d’être classé sur ce podium, j’en suis donc heureux. J’espère avoir le temps en 2013 de publier au quotidien davantage d’analyses techniques.


Interview réalisée le 11 janvier 2013

Découvrir la suite du classement 

 

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