Des indicateurs économiques mitigés qui imposent la prudence !

Jean-Noël VIEILLE 0
Des indicateurs économiques mitigés qui imposent la prudence !

Des indicateurs économiques mitigés qui imposent la prudence ! Les marchés financiers ont retrouvé depuis quelques semaines une certaine rationnalité. Nous ne pouvons pas encore parler d’efficience mais les investisseurs doivent comprendre que les marchés ne montent pas indéfiniment et surtout que le seul argument de l’abondance des liquidités ne permet pas d’assurer une progression des marchés financiers. Au contraire, il faut éviter de trop extrapoler car sans rapport avec la réalité économique, les flux de liquidités sont très éphèmères et surtout trop liés à des aspects politiques. C’est pour cette raison qu’il fallait bien prendre en compte les discours très prudents d’abord de la FED, puis de la BCE jeudi dernier, qui avertissaient d’un prochain resserrement des politiques monétaires sous réserve d’une amélioration de la conjoncture économique. Le reflux de la plupart des indices semble donc assez normal et devrait se poursuivre.

 

Une situation économique américaine toujours ambiguë

 

Les chiffres publiés ce vendredi aux Etats-Unis concernant le marché du travail étaient assez peu lisibles mais le marché a voulu y voir un facteur positif du maintien du quantitative easing. En effet, d’après les dernières déclarations de Ben Bernanke, c’est l’amélioration de la situation de l’emploi qui sonnera la fin de la politique monétaire accommodante. Les derniers chiffres publiés montrent une augmentation en mai de 0,1% du taux de chômage à 7,6%, toujours loin de la cible fixée par la FED, 6,5%, pour que l’économie américaine n’ait plus besoin d’euphorisants. Néanmoins, cette économie a créé 175 000 emplois de plus qu’elle n’en détruit sachant que pour compenser l’augmentation de la démographie, elle doit en créer 110 000, ce qui signifie que les créations susceptibles de faire décroître le taux de chômage sont encore trop faibles. En plus la catégorie de chômeurs de longue durée diminue assez peu et surtout, ces emplois créés sont en majorité précaires, moins payés et aussi peu protégés. La fonction publique perd toujours des emplois, en raison des coupes budgétaires de l’Etat et la production industrielle perd aussi des salariés. Aussi, si on prend en compte le discours de l’ex directeur de la division des affaires monétaires de la FED, on peut imaginer la poursuite pour de nombreux mois encore du quantitative easing puisque ce dernier a estimé que pour changer de cap, la FED attendra d’avoir des créations d’emplois supérieurs à 200 000 par mois, ce qui depuis 2008 ne s’est jamais produit ! C’est donc cette analyse qui a fait remonter assez rapidement le marché vendredi après-midi, une fois ces statistiques connues.

 

La BCE toujours en position d’attente

 

Le dernier discours de la BCE, ce jeudi a plutôt déçu les marchés par l’absence de nouvelles incitations. Le marché s’attendait à l’annonce de quelques mesures dites non conventionnelles pour relancer le marché du crédit en zone euro, mais il n’en a rien été. Cette inaction serait liée à la publication de dernières enquêtes de confiance allant vers une légère amélioration de l’économie dans un contexte pourtant toujours difficile : taux de chômage à 12,2% et abaissement du taux de croissance pour 2013 à -0,6% vs -0,5%. Faut-il vraiment croire notre Président qui du Japon vient d’annoncer que la crise en Europe était derrière nous ? Nous n’avons pas cette conviction tout en comprenant que la politique économique française est effectivement élaborée sur la configuration d’une reprise de la croissance en 2014. On peut craindre le retour d’une nouvelle crise de la zone euro qui serait à nouveau une crise des dettes souveraines. Les raisons sont assez simples : la plupart des pays du sud et même la France connaissent une baisse de leur PIB et aussi une diminution de l’investissement des entreprises. On connait le cercle vicieux : difficulté à réduire les déficits publics et au contraire le risque est grand d’assister à une augmentation des dettes souveraines, qui nécessiteront avec peut-être encore plus de douleur une restructuration prochaine et surtout un relèvement des taux d’intérêt. Bref, la lumière au bout du tunnel n’est pas encore pour demain !

 

Chine et Japon : inversion de tendance

 

Les statistiques économiques publiées ce week-end confirment des différences de tendance de croissance au niveau de ces deux pays. Le rythme de la croissance chinoise fléchit en raison de la modification du modèle de développement du pays (moins de dépenses d’infrastructures et plus de consommation). Les crédits aux entreprises reculent et les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le shadow banking et les éventuelles bulles viennent amplifier le retour vers une croissance normative du PIB plus proche des 5/6%. La publication de la 2ième estimation du PIB japonais au T1-2013 a réservé une bonne surprise, la croissance s'affichant à +4,1% en rythme annualisé, contre +3,5% en précédente estimation, du fait principalement d'un plus fort investissement. Cette publication a déclenché un mouvement d'optimisme sur les marchés financiers japonais, avec une hausse de près de 5% cette nuit sur le Nikkei. Ces chiffres vont évidemment renforcer la politique économique menée par S Abe, qui vient aussi de déclarer qu’il allait abaisser le taux d’imposition des entreprises pour encourager l’investissement, Mr Hollande a pris d’ailleurs quelques notes !

 

En conclusion, le léger rebond de vendredi n’est probablement pas durable, il est donc nécessaire de rester assez prudent sur la suite de la tendance boursière. A l’approche de la publication des résultats des entreprises pour le T2, on devrait assister à quelques déconvenues qui devraient faire encore reculer le marché.

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