De goutte d’eau, devenir tache d’huile

Marc GILSON 4
De goutte d’eau, devenir tache d’huile

Durant toute la campagne électorale US et surtout après l’élection, le problème du Fiscal Cliff a été le sujet le plus débattu et on nous expliquait que faute d’accord entre Républicains et Démocrates les USA allaient connaître une situation intenable, se déchirer sur les coupes budgétaires automatiques, etc.

Fin février, pas d’accord encore et mise en route des mesures automatiques : est-ce que le monde s’est effondré ? Les bourses ont-elles dévissé ? Non ! Et pourquoi ? Parce que le taux de croissance espéré aux USA est d’au moins 2% et que l’impact des coupes serait de 0,5%, donc bien moindre que la croissance qui restera positive. Et voilà, tout le monde est content. Et bien entendu, on dira que tout est déjà dans les prix et qu’on peut continuer à aller de l’avant, même en Europe bien que le vieux continent subira probablement un certain contrecoup de ces réductions budgétaires.

Notons que parallèlement, le FED a redit son soutien à la croissance via toutes sortes de mécanismes qui sont résumés par les termes de Quantitative Easing. Parce que la mission de la FED est notamment de soutenir l’économie en se mettant au service de l’Etat. Le discours de Bernanke a d’ailleurs contrebalancé magnifiquement ‘’l’effet italien’’ sur les marchés boursiers.

Toujours en parallèle, les Américains se sont lancés dans une série de négociations avec l’Europe et le Japon afin de créer de véritables zones de libre-échange, encore plus grandes que l’ALENA, destinées à faciliter les échanges commerciaux et à doper la croissance des partenaires.

On aime ou on n’aime pas ce que sous-entendent tous ces éléments pour la justice sociale, l’écart entre riches et pauvres, l’exploitation de la planète, etc. mais, sur le plan strictement financier, il faut dire qu’ils contribuent à donner de l’essence au moteur des optimistes et à celui de ceux qui affirment que les marchés anticipent notre futur de 6 à 9 mois. Tant mieux.

 

Ce qui serait idéal maintenant c’est que cet optimisme descende à l’étage du dessous, celui qui est occupé par la grande masse de la population. Car c’est là que se joue la réussite de tous les plans élaborés par les pays européens. Sans le retour de la consommation, pas de relance de l’activité industrielle ou des services, localement ou dans l’UE. Et sans cette relance, pas de vraie croissance et donc pas de recettes fiscales suffisantes. On ne le sait que trop bien.

Il devient nécessaire de rassurer le consommateur pour qu’il recommence à investir et à dépenser. Le moyen le plus efficace est de lui prouver que ses revenus futurs ne diminueront pas et qu’ils seront toujours là.

Bien plus difficile à réaliser qu’à dire évidemment. Mais prioritaire si on veut que toutes les petites gouttes d’eau isolées se transforment en tache d’huile qui s’étaleront et remettront les rouages en route.

A quand une communication positive qui donnera confiance plutôt qu’une avalanche de commentaires qui ne parlent que de crise ? Et qu’on arrête de nous dire que la fin du monde est pour demain ! Y en a marre de toutes ces peurs qui se répandent et ne servent à rien d’autre que de nous contenir voire de nous asservir.

 

Bon weekend.

 @MarcGilson, naïf indécrottable. 

Commentaires

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walter BROYDE 01/03/2013

Oui; bien naïf qui croit que la consommation est le vrai moteur.

Le vrai moteur n'est-il pas la création de richesse; et, une fois la création de richesse encaissée, on peut consommer et amplifier la croissance.

Et, la création de richesse passe par la compétitivité, pas par les impôts et charges sur les entreprises, les rigidités du maché du travail, la bétise ou le sabotage des syndicats....

 

Walter

SuperMan_X007 01/03/2013
Bonjour, Moi, j'ai l'impression que plus on parle de crise et plus la population cherche à échapper à la réalité en faisant la fête, en (sur)consommant par rapport à leurs moyens. Ceci dit, après cela n'empêche pas de se révolter contre la crise, l'austérité, la cherté de la vie ou encore l'"incompétitivité" française. Certes, certains secteurs de la consommation sont à l'écart de ce phénomène : notamment ceux s'apparentant à de gros investissements (automobile, immobilier). D'autres sont pleinement concernés, je pense par exemple au secteur du divertissement. C'est mon avis, ou plutôt mon constat. Salutation.
Marc GILSON 01/03/2013

Cher Walter,

Pas si maïf que ça en fait... La création de richesse (la fameuse valeur ajoutée) vient des trois secteurs: primaire (mais aujourd'hui on se pose des questions sur l'agriculture), secondaire (l'industrie cherche sans cesse comment arriver à créer de nouvelles richesses) et tertiaire (dont Internet, qui remodèle tout et tue la tradition à petit feu). Mais ces secteurs ont besoin de capitaux pour se développer et surtout de clients. Si le gâteau reste de même taille, on se contente de prendre à l'un pour donner à l'autre. Si le gâteau augmente, on peut de fait mieux en profiter et continuer à en augmenter la taille. En d'autres mots, si les clients ne sont pas prêts à dépenser plus, les entreprises auront bien du mal à s'en sortir. Le nombre de faillites est un record qui se bat chaque mois. Comme le souligne SuperMan, certains semblent surconsommer. Je ne crois pas que c'est une majorité, je pense qu'il s'agit de personnes qui ont une vue claire sur leur avenir (à juste titre ou pas, c'est leur point de vue). Une part importante de la population préfère épargner que dépenser et une part aussi importante ne peut pas dépenser plus car elle sait durement ce qu'est l'inflation sur le prix des produits de première nécéssité ou sur les loyers.

La consommation est un moteur de croissance, les entreprises sont un vecteur de croissance (le seul valable d'ailleurs).

En tout cas c'est ce que je constate.

Marc

 

RAPHAEL 01/03/2013

Il est indeniable que c'est bien la consommation qui augmente la richesse des entreprises et donc de l'ensemble de la communauté.

Mais de quelle consommation parle t-on ?

Des achats de tv, d'IPAD,d'IPOD,de PC, d'imprimantes etc....fabriqués par les chinois ou les pays asiatiques, mais pas les fabricants français ou européens !

Avant de consommer, il faut produire

Le PIB est créé par le secteur privé et non pas par les fonctionnaires.En france, il y a 20 %de fonctonnaires de plus qu'en Italie par exemple

Aux USA, il y a 40 % de députés et sénateurs en moins que chez nous pour une

population 5 fois la France et une superficie 17 fois plus grande

C'est cela la spécificité française !!  C'est aussi pour cela que l'on souffre autant

en France.Par ailleurs, si les françaiséepargnent tant ( 16/17 % de leurs revenus) c'est uniqument par peur de l'avenir...

C'est l'espoir qui fait vivre ou survivre.............