Chauffez votre portefeuille avec Gazprom

Sovanna SEK 12
Chauffez votre portefeuille avec Gazprom

Fondée en 1989, Gazprom est une entreprise spécialisée dans la chaine de production du gaz naturel tant en amont qu’en aval dont le principal actionnaire est l’Etat russe. En 2013, elle produit 73 % du gaz naturel russe et 13 % au niveau mondial, puis détient les plus grandes réserves mondiales avec une quote-part avoisinant 17 %. Ses principaux clients sont les pays de l’ex-URSS et l’Europe. Au niveau de la capitalisation boursière, elle est la première au niveau national et fait partie du Top 20 mondial dans le secteur Pétrole et Gaz. Pour se prémunir de la dépendance gazière, elle se diversifie à petite dose dans des activités pétrolières, d’électricité et de chauffage. Coté extra professionnel, Gazprom aime le football en étant le sponsor officiel de l’UEFA Champions League et sponsorise des clubs tels que le Zenith Saint-Pétersbourg et FC Schalke 04.

Analyse financière

 

La croissance moyenne du chiffre d’affaires entre 2009 et 2013 est de l’ordre de 13 % grâce aux ventes de gaz liées à la forte demande internationale en particulier en Europe. Cependant, le résultat opérationnel joue les montagnes russes depuis 2011 à cause des dépréciations d’actifs et des opérations d’effet de change. Ce qui a entraîné une baisse du bénéfice net dans la même période. Quant au besoin en fonds de roulement (BFR), il est positif mais les capitaux propres le couvrent largement.

 

Gazprom est radine au niveau de la distribution des bénéfices (payout ratio). En effet, sa politique de dividende lui autorise de verser 10 % du bénéfice net en dividende et oblige à en garder entre 40 à 75 % pour des futurs investissements. Le retour sur capitaux propres (ROE) et le retour sur actifs (ROA) entre 2009 et 2013 sont corrects pour un secteur d’activité exigeant en capitaux d’investissement. Enfin, pour mieux traduire la performance économique d’une l’entreprise, il est préférable de se référer à la rentabilité des capitaux engagés (ROCE) parce qu’il est indépendant des sources de financement (dettes, intérêts). En ce qui concerne Gazprom depuis 2011, l’accroissement de sa valeur économique pose des questions.

5 raisons à l'achat

- Les problèmes géopolitiques russo-ukrainiens et l'humeur de Vladimir Poutine sont déjà dans les cours. En cas de réapparition, l’impact sera moindre pour le géant russe.

- Pour faire face à la baisse future des ventes en Europe, Gazprom a pris le cap vers les pays asiatiques à l’image de son accord avec la Chine car ce sont des clients fiables qui ne sont pas aveuglés par la propagande idéologique et la demande dans cette zone géographique va augmenter sur le long terme. D’une part, la Chine a conscience qu’il faut anticiper l’après-charbon. D’autre part, le transport du gaz naturel liquéfié (GNL) par voie maritime coûte plus cher que celui du gazoduc car cela nécessite énormément d’infrastructures. Par exemple, le Japon et la Corée du Sud voient que ça pèse lourdement sur leur balance commerciale.

- En prenant une carte de l'Europe, la plupart des pays qui composent ce continent auront dû mal à se passer du gaz russe.

- Contrairement aux idées reçues, le gouvernement russe l’encourage à s’internationaliser en favorisant la concurrence nationale par l’émergence des acteurs privés.

- En plus d’un bilan financier solide, le PER (cours/bénéfice net par action) est de 2,6 à l'heure où j'écris. Franchement, il est rare de voir des valeurs en Bourse à ce niveau valorisation et en dépit d’un ridicule payout ratio, Gazprom distribue un rendement de 5,7 %.

 

Commentaires

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Emile LELIEVRE 29/10/2014

Guerre non déclarée à La Russie par Mish

 

dommage que je ne puisse pas faire de copié/collé, au moins de l'url !

Brouxd 31/10/2014

Excellente analyse.

Plus généralement, c'est toute la cote Russe qui se retrouve à des niveaux de valorisation ridicules (à moins de penser que la Russie va retourner dans une hibernation communiste pendant 70 ans).


Prendre position sur Gazprom (ou dans mon cas sur un ETF Russie) pour le MT (3 ans), est AMHA un excellent pari.

Hervé ROUSSEAU 03/11/2014

Attention.

J'ai regardé les états financiers détaillés de GAZPROM......

 

Prés de 40% des charges passent en investissement !!!!!!!!! C'est pour cela que le PER est aussi bas.... Si on réalise un retraitement de cette particularité on s'apercoit que le PER réel est de l'ordre de 15/20 comme pas mal de boite.....

Sovanna SEK 03/11/2014

Bonjour Hervé Rousseau,

A contrario, le VE/EBITDA qui offre une image réelle de l'activité opérationnelle de l'entreprise, est à ce jour à 2,03. En prenant en compte les dotations aux amortissements et provisions, nous avons un VE/EBIT à 2,8.

Enfin, je conçois que le PER a des imperfections.

Cordialement.


Hervé ROUSSEAU 03/11/2014

Attention.

J'ai regardé les états financiers détaillés de GAZPROM......

 

Prés de 40% des charges passent en investissement !!!!!!!!! C'est pour cela que le PER est aussi bas.... Si on réalise un retraitement de cette particularité on s'apercoit que le PER réel est de l'ordre de 15/20 comme pas mal de boite.....

Hervé ROUSSEAU 04/11/2014

Attention.....

 

Gazprom passe en investissements 30 ou 40% de ses charges.... Cela impacte l'ebitda dans les meme proportions que le PER !!!!!!!!

 

L'ebitda est également complétement faux pour les memes raisons que le PER.

 

Bien à vous

 

Hervé


Emile LELIEVRE 15/12/2014

Je ne suis plus sûr, du tout, que c'est une bonne affaire !!

Sovanna SEK 15/12/2014

Bonsoir,

Un investisseur doit savoir ne pas regarder les cours de Bourse et garder ses nerfs. Enfin, posez-vous la question si Gazprom va faire faillite. Au regard du bilan financier, elle a les reins solides car le levier financier est inférieur à 20 %.


Brouxd 15/12/2014

La cote Russe subit une capitulation d'anthologie, les investisseurs vendant à tout prix sous l'effet domino de la chute vertigineuse du pétrole qui se repercute dans celle du rouble, le tout dans un contexte de défiance vs la crise Ukrainienne.

Je ne rattraperai pas tout de suite le couteau qui tombe, car en matière d'irrationnel, nul ne sait où se trouve le fond.

Mais le rebond - quand il s'amorcera - sera spéctaculaire

Bernard  

Sovanna SEK 15/12/2014

Bonsoir,

Achetez ce qui en bave puis vendez ce qui marche. A condition d'avoir le bon timing mais ce n'est pas une chose évidente.


Emile LELIEVRE 15/12/2014

@brouxd.

Ce n'est pas de chance.

Tout le monde ne raisonne pas comme vous, d'autant, je pense, qu'il doit y avoir des acheteurs à crédit, qui se précipitent vers la sortie.

Mais, paraît il que Gazprom produit à 25$/baril, elle est donc toujours "au vent de sa bouée". Ils font toujours un profit.

Le redémarrage se fera dans qques mois.