Bull Market ?

Parthénon 19
Bull Market ?

Bonjour, dans la précédente analyse, j'évoquais les possibilités d'un rallye estival. La question se pose aujourd'hui de la transformation de ce rallye en "bull market" d'environ 2-3 mois.

En effet, j'observe de nouveaux éléments techniques et psychologiques :

- l'incroyable résilience du marché aux difficultés (Brexit, attentats). Et lorsqu'un marché ne réagit pas aux mauvaises nouvelles... vous connaissez la suite.

- des semestriels très bien accueillis par de puissants gaps accélérateurs, déjouant clairement tous les pronostics. Dans la liste de trading, vous avez pu observer les multiples trous de cotations ouverts en lien avec les publications. Ces gaps vont se transformer en supports.

- un sentiment de marché toujours très méfiant, alimenté par une littérature bear toujours intense. Les analystes fondamentaux parlent depuis des semaines d'un marché américain trop cher ou bien d'absence de bénéfices en Europe. Résultat : sur les EPCR ou le AAII, le niveau d'optimisme est très éloigné du niveau des prix. Nous devrions être à 50% d'optimistes aux US comme en 2007, on tourne autour de 30-35%. Sans optimisme, pas de repli durable possible !

Rajoutons à cela les arguments de la précédente analyse :

- des secteurs faibles qui ont touché des supports majeurs et déclenchent des rebonds impulsifs ; et des secteurs forts qui accélèrent encore : immobilier, SSII, bien de consommation courante, technologie...

- des alternatives aux actions qui n'existent plus.

- des politiques monétaires toujours ultra-accommodantes.

 

En Europe cependant, tous les voyants graphiques ne sont pas aux vert. Il y a de multiples résistances comme le gap chinois de début d'année ou des résistances descendantes. 

Le CAC en est un bon exemple. Pour confirmer le bull market, il faudra déborder ces obstacles graphiques et casser sur la volatilité implicite 17,5%. J'anticipe ces évènements.

 

CONCLUSION :

Vue la réaction du marché à la publication des résultats européens, la surprise est surement de taille pour nombre d'opérateurs. Et considérant les faibles niveaux d'optimisme, l'exposition des portefeuilles aux actions est certainement trop réduite dans les fonds, avec le risque de "courir après le papier".

En conséquence, le rallye estival envisagé dans la précédente analyse pourrait se muer en bull market jusqu'à fin septembre. C'est l'hypothèse que j'envisage tant que les niveaux d'optimisme ne seront pas remontés à des niveaux en phase avec les plus hauts historiques de Wall Street.

Commentaires

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MAKFRA 28/07/2016

Bonjour Parthenon, je ne suis pas du tout d'accord avec votre analyse car pour moi il ne s'agit que d'une course aux pigeons: les grosses mains sont dèjà investies sur le marché comme en témoigne le dernier NAAIM à 92.64 points, donc à proximité du maximum de 100%. Le bull-trap consiste simplement à trouver des petits porteurs pour leur refiler le papier, le marché peut encore monter un peu pour forcer la main des petits si ces derniers veulent bien rentrer dans le marché. Les Etats-Unis connaissent leur sixième trimestre d'affilé de baisse des résultats et ils arrivent à battre des records!!! Heureusement que la planche à billets tourne encore sinon le papier ne pourrait pas s'échanger entre les grandes mains.

Parthénon 28/07/2016

Bonjour Makfra, vous êtes assez représenatif de la pensée générale : "CA NE PEUT PAS MONTER". Trop cher, trop haut, trop peu de perspectives.

Que les US connaissent leur sixième trimestre d'affilé de baisse des résultats et qu'ils arrivent à battre des records doit vous alerter que le marché est invulnérable aux mauvaises nouvelles. Et si des bonnes nouvelles arrivent (comme c'est le cas actuellement avec des résultats de bonne facture), où se situe le risque ? A l'achat ou à la vente ?

N'oubliez pas que l'analyse par les PER est inopérante en période politique monétaire expansive. "Don't fight ECB" et sa politique de flux. 

Maintenant, ce n'est ni vous ni moi qui décidons de la direction du marché. A lui de nous montrer la voie ;).


Parthénon 28/07/2016

J'oubliais : "trade what you see, not what you think". Cet adage me paraît bien adapté à l'environnement actuel.


MAKFRA 28/07/2016

Parthénon, tout ceci me rappelle l'année 2007 avec une soi-disant une économie résiliente et un marché qui ne faisait rien et puis est arrivé 2008 avec la suite que l'on connaît. Il est vrai que ce n'est pas nous qui donnerons le sens au marché et qu'il ne faut pas combattre les banques centrales cependant le sentiment est que ces dernières n'ont plus d'impact sur les marchés, on les écoute de moins en moins. Je n'ai pas dit que cela ne pouvait pas monter, ne déformez pas la réalité. Relisez, je dis que les marchés peuvent encore monter pour attirer les petits porteurs et leur refiler le papier.

Mon niveau de sortie est à 4580 points sur le CAC40,

Parthénon 28/07/2016

Je vous réponds point par point.

- Il me semble que la résilience des marchés montre au contraire que l'impact des BC demeure énorme. Il n'y aurait pas Draghi et "ses moyens illimités" pour le citer, les graphiques n'auraient sûrement pas la même tête.

- en 2007, l'optimisme prévalait (cf graphique) à l'opposé d'aujourd'hui.

- pour attirer les petits porteurs, il faudrait encore qu'ils en veulent. L'actionnariat individuel a disparu en France et il suffit d'ouvrir le forum boursorama à la rubrique CAC pour percevoir ce sentiment négatif. Qui plus est, les phases de distribution (des mains fortes vers mains faibles) dévoilent un surcroît de volume et nous n'en avons pas (la période estivale ne s'y prête guère, je le concède volontiers).

A mon avis, le marché s'est trouvé un sens pour l'été. Pour un éventuel renversement de tendance, il faudra patienter la rentrée selon moi.


MAKFRA 28/07/2016

C'est parce qu'il n'y a pas de marché, des intervenants, qu'il y a les banques centrales pour faire le jeu. Regardez au Japon, la banque centrale est propriétaire de 10% des actions qui cotent sur le marché nippon! Je ne parle pas du marché obligataire car le papier est dans les mains des banques centrales. Le marché du point de vue de son fonctionnement est mort.

Techniquement, nous montons sans volume et cela bien avant le début des vacances de Juillet. La correction va arriver bien plus vite que vous ne le pensez. Nous rentrons dans des zones de surachat qui vont se manifester dès demain. J'en convient que présenter les résultats des stress-test après la clôture de Vnedredi est simplement une manipulation pour trouver un scénario de renflouement des banques italiennes qui vont devoir trouver 360 milliards d'euros, une paille et ce sera encore le contribuable qui paiera car la directive européenne ne sera pas appliquée puisque les banques doivent toujours continuer leurs activités même lorsqu'elles sont mal gérées!

Parthénon 28/07/2016

Laissons le marché décider alors ;).


Pat84 28/07/2016

Certainement mais pour un profane comme moi, que cela veut-il bien dire ?

Parthénon 28/07/2016

Posez vos questions Pat84, j'y répondrai avec plaisir.


david 28/07/2016

Bonsoir Parthénon,

La baisse du WTI ne va t'il pas freiner les ardeurs de la hausse ?


Parthénon 28/07/2016

Hello David, depuis le Brexit, S&P500 +9%, WTI -18%. La corrélation a vécu ;).


Parthénon 28/07/2016

@ Pat84 : aux Etats-Unis, le taureau (bull) est le symbôle des marchés haussiers et l'ours (bear) représente les marchés baissiers.

L'évolution des marchés dépend de beaucoup de facteurs, pas seulement des fondamentaux. Il y a la logique de flux qui est primordiale ; or, la politique de la BCE est très expansive. Et puis, il y a la taille des fonds que l'on mesure en partie par les indicateurs de sentiment. Si vous êtes méfiant sur les marchés, vous êtes peu investis. Si vous êtes très confiant, vous étes très investis.

Mais lorsque vous êtes très (peu) investis, vous ne pouvez plus acheter (vendre) et donc vous ne pouvez que vendre (acheter). Ce qui a un impact mécanique sur les cours. Trop d'optimisme (de pessimisme) a des conséquences baissières (haussières) sur les cours. C'est la base de l'analyse contrarienne. Ce n'est pas une science exacte mais ca permet d'élaborer des scénarios avec plus de précision.


Pat84 28/07/2016

Ok, merci pour ces explications. Donc, en fonction de vos explications et commentaires, il y a tout de même lieu d'être attentif à ce qui se passera dans les semaines et 2 mois à venir.

Tout en sachant que, les discussions européennes sur le Brexit - 22 ou 23/09 me semble t-il - et ensuite l'Italie, génèreront quelques remous dans les cours. Non ?


jay BALNAVE 29/07/2016

  Merci pour cette analyse. Pertinente et argumentée.

"trade what you see, not what you think" est l'adage a garder en tête depuis plusieurs trimestres... mais c'est pas facile :(

C'est très compliqué vu que la situation est inédite et extrêmement troublante: taux négatif, QE sur QE, PER qui explose (donc baisse des bénéfices), BC accommodantes ad vitam, et du chômage de partout (population active en baisse ou chiffres bidonnés) Et en face de cela, on touche des plus hauts historiques sans réelle marché baissier.

 --> faut vraiment avoir la foi pour investir.

Du coup, je comprends Makfra.

En même temps, je ne peux que te donner raison: Y a du fric, et ce fric va aux actions, quitte à faire exploser les PER. Faut juste être courageux.

J'ai vraiment l'impression qu'on joue à la roulette russe. 5 chance sur 6 que ça monte.

Mais si ça rate, et qu'on devait remettre les compteurs à "une situation normale" (per, fin de QE, hausse des taux, recapitalisation des banques (par les déposants)...) alors ça ferait très mal.

 Peut-on voir le signe noir arriver ?

 

PS: j'ai conscience que j’apporte de l’eau à ton moulin avec un avis très pessimiste en phase avec beaucoup/trop de monde :)

 

 

 

 

Parthénon 29/07/2016

Tu l'as dit Jay : "situation inédite et troublante".

Pour le signe noir, je crois que nous aurons largement le temps de le voir arriver. Il faudra beaucoup d'optimisme sur les IS, des volumes de distribution, des figures de retournement. Je ne vois rien de tout ça, bien au contraire.

Les BC continue d'acheter du temps en espérant une stabilisation de l'économie. Elles ont assez bien réussi aux US, c'est plus mitigé au Japon. Qui en Europe ? Draghi parle tout de même de "moyens illimités". Et tant qu'il n'y a pas d'inflation, il n'y a peu de risque à injecter plus de monnaie. Certes, cela crée des bulles mais regardons ceux qui ont fait ça bien avant nous : les US et le Japon. On n'a pas vu de krachs sur les actions.

Certes, sur le long terme, on pourra dire que les BC n'auront gagné leur pari que si elles normalisent leur politique sans faire exploser le système. C'est là que ça s'annonce compliqué ; il suffit de voir la prudence avec laquelle Yellen resserre sa politique monétaire. La première et dernière hausse de taux date de 16 mois !

Bref, à LT (plusieurs années), effectivement, il y a surement des risques baissiers, mais à court et moyen terme (la rentrée voire la fin d'année), ca me semble intéressant de miser sur les actions.


Brouxd 29/07/2016
Bonsoir Parthenon, Au pied de l'Acropole ce soir, comment ne pas avoir une petite pensée pour toi ? Merci pour cette nouvelle analyse, claire et tres étayée comme d'habitude ! cdt Bernard
Parthénon 30/07/2016

Merci Bernard :) et bonnes vacances à toi.

Petit supplément important. Le CAC Future qui inclut les dividendes (comme le DAX) n'a pas d'oblique baissière mais une résistance horizontale majeure à 4500 points, correspondant au gap chinois.

C'est ce niveau qu'il faudra regarder et qui offrira en cas de dépassement un clair signal haussier de moyen terme sur le CAC.


Kriss 01/08/2016

Après une ouverture en hausse et principalement grâce aux bancaires, celles-ci sont vendues en masse et en fortes baisses par rapport à leurs cours d'ouverture. Sans les banques, pas de Bull Market....secteur faible qui reste faible....on stagne sur les indices et une conso est sans doute à redouter avant un rebond plus franc


Parthénon 01/08/2016

Exact Kriss. Il faut dire que les gaps de jour étaient bien placés sous les résistances. Ils sont désormais tous comblés, y compris sur le DAX, l'indice le plus fort. On va voir à présent si on consolide à plat ou à la baisse.

Mais quelque soit le scénario, les banques resteront faibles à mon avis. Les politiques à taux 0 vont perdurer et avec elles, les marges des banques vont continuer de s'éroder. Peu à attendre de ce secteur dans les mois à venir.