Année boursière 2014: Annus Horribilis ?

Patrice SAINT-MEZARD 1
Année boursière 2014: Annus Horribilis ?

Année boursière 2014: Annus Horribilis ?

Il y a des années comme ça, votre château est réduit en cendres car les écuries ont pris feu, votre jument grise disparaît dans les flammes, votre femme ou votre mari vous quitte pour votre meilleur ami pompier, vos enfants divorcent, votre chien attrape la rage…c’est ce que la reine d’Angleterre appelle une Annus Horribilis, une année horrible.

En bourse c’est très comparable, vos placements actions vont-ils stagner, baisser ou s’effondrer ? Car l’économie mondiale que nos dirigeants croyaient sur la voie de la guérison replonge, nous flirtons dangereusement avec la récession. La concurrence mondiale s’exacerbe, les marges des entreprises fondent, les exportations chutent, les investissements des entreprises se réduisent, la consommation des ménages diminue, les déficits s’accroissent, les impôts flambent, le chômage explose, et le moral sombre, la confiance n’y est plus.

A ce cycle économique décroissant se greffent de forts cahots voire chaos géopolitiques impromptus : au Moyen-Orient, en Ukraine, Russie, Irak, Afghanistan, Syrie et autre Ecosse, le tout sur fond de crises et de scandales politiques qui obscurcissent l’avenir et poussent les marchés à la baisse.

En réponse, les banques centrales japonaise (BOJ), américaine (FED), européenne (BCE) ne savent plus quelle bouée monétaire utiliser pour maintenir à flot un semblant de croissance, et pousser les marchés à la hausse.  Elles usent d’expédients financiers, abusent de la création monétaire : « quantitative easings », achats et titrisations de valeurs plus ou moins qualitatives, rachats de dettes, divers taux zéro offerts aux marchés, tout cet arsenal pour  obliger « l’âne économique » à boire…mais rien n’y fait. L’âne ne peut et ne veut pas boire, car d’une part l’eau n’arrive pas jusqu’à lui, court-circuitée dans des tuyauteries financières et bancaires spéculatives, et d’autre part l’âne n’a plus confiance, l’âne a peur des lendemains qui ne brairont plus pendant encore de longues années.

Et pourtant les indices boursiers grimpent, grimpent, grimpent jusqu’aux plus hauts d’avant la  crise de 2008, soutenus par cette politique « d’open bar financier » qui produit une « richesse » artificielle et illusoire. Dans cette situation boursière décorrélée des réalités économiques, plus les fondamentaux économiques sont mauvais, plus les indices grimpent, les investisseurs attendant chaque fois une nouvelle tournée enivrante de « planche à billets » servie par la BOJ, la FED et la BCE. Les bulles boursières enflent, enflent de nouveau, dans le même temps les taux obligataires baissent, baissent, telle la marée avant le tsunami… Ce pacte faustien entre les banques centrales et les marchés finira-t-il mal ?

Il n’en faudrait pas davantage pour que l’incompréhension, la crainte et le dégoût submergent à juste titre l’investisseur boursier particulier et l’orientent vers des placements plus sûrs mais peu rémunérateurs, comme les obligations d’état US, allemandes, les monnaies fortes tel le franc suisse ou l’or. Cet investisseur cherche à se protéger de la volatilité, il la fuit au lieu de la mettre à profit.

Les paroles rassurantes ne suffisent pas pour retourner les situations, d’autant plus lorsque ceux qui les prononcent ont le nez qui s’allonge perpétuellement et la volonté politique de réformes structurelles qui pointe aux abonnés absents. Comme le disait Clémenceau, « l’homme politique pense à sa prochaine élection, l’Homme d’Etat à la prochaine génération », c’est toute la différence. Les dirigeants visionnaires ont cédé le pas aux épiciers de la politique, mais malheureusement même l’intendance ne suit plus non plus. Inutile de s’étonner de ce que les investisseurs particuliers commencent à trouver le temps de plus en plus long et incertain.

Ils quittent alors la bourse dépités, faute d’avoir su ou pu  mettre en place une stratégie boursière cohérente et performante répondant aux alternances de hausses hypnotiques et de baisses dépressives des marchés !

Alors plutôt que subir l’annus horribilis,  que faire me direz-vous pour anticiper ces tendances volatiles aussi bien haussières que baissières ?

Optimisez votre stratégie boursière en conséquence pour mettre à profit plutôt que subir ces phases de  retournements à la hausse et à la baisse qui se succèdent de façon impromptue et erratique. 

Vous ne pouvez compter que sur vous-même pour optimiser vos revenus par vos investissements judicieux.

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Commentaires

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Patrice SAINT-MEZARD 03/10/2014

Depuis un peu plus d'une semaine le CAC 40 était entré dans un range d'une centaine de points entre 4430 et 4330 pour en sortir violemment hier 02/10  par le bas.

Que s'est-il donc passé pour qu'une telle réaction épidermique se produise sur le marché avec une chute brutale de -2,81% ?

RIEN, et c'est bien le problème ! La Banque Centrale Européenne (BCE) par la parole de Mario Draghi s'est contentée de rappeler sa stratégie, ainsi que les moyens dont elle dispose et qu'elle a mis en place pour lutter contre la déflation en zone euro par injection massive de liquidités. C'est à dire ce qui avait déjà été dit le mois dernier, et le mois d'avant...


Ce doute sur les capacités d'actions réelles de la BCE semble apparaître aujourd'hui au grand jour dans une Europe sans politique concrète et globale de gouvernance économique.

La BCE recommande donc aux pays membres de procéder aux réformes nécessaires pour relancer leur propre croissance, la solution ne viendra pas et ne doit pas être attendue de la BCE, ce n'est pas son job.


Ce constat d'impuissance systèmique, cette incapacité à fournir et utiliser de vraies armes pour dynamiser l'économie réelle des pays européens en plein marasme a semble-t-il désagréablement surpris les marchés... L' "open bar financier " ne suffit plus à satisfaire le Cac 40 déjà bien "imbibé".

Malheureusement ce genre d'interférences entre le marché et la BCE brouille encore une fois les cycles tendanciels boursiers et complique singulièrement les analyses. 2014 est une année décidément bien cahotique.