CAC 40 : comment limiter les dégats ?


Sur la semaine, l’indice CAC40 a perdu une centaine de points dans des volumes en sensible augmentation. Il s’est en effet échangé 14 milliards d’euros contre 12 milliards la semaine précédente où il n’y avait pas eu de jour férié. Depuis l’alerte baissière du 29 mars dernier, l’indice parisien a perdu près de 14% avec une pression vendeuse qui s’amplifie. Compte tenu de l’afflux des mauvaises nouvelles économiques, je ne vois pas ce qui empêcherait l’indice de retomber sur ses plus bas de 2011 à 2750 points.

Sur le marché des dérivés, le VCAC qui mesure la volatilité attendue de l’indice CAC40 est remonté à 34%. Bien que cet indicateur soit maintenant au-dessus de sa moyenne de long terme, le niveau actuel reste encore modéré si on le compare au seuil des 48% atteint en septembre dernier. Il y a donc encore de la marge pour la baisse, d’autant que le PER prévisionnel du CAC40 est encore au-dessus de son plus bas de 2011. Celui-ci avait atteint un niveau de 9, avant de remonter jusqu’à proximité de sa moyenne historique située à 12,7. Il est actuellement à 10,3. Quant à la prime de risque, elle continue de progresser et se situe à 8,5%. Rien de bien engageant pour revenir sur le marché des actions.





Pour ceux qui possèdent encore des actions où qui souhaitent en acquérir, il y a un critère qu’il faut absolument retenir, c’est celui de leur prime de risque.

Cela fait plusieurs années que j’utilise la prime de risque comme un indicateur de sentiment du marché. En incorporant les 2 principales variables fondamentales qui expliquent en moyenne près de 45% des fluctuations boursières, à savoir les bénéfices prévisionnels et le taux d’intérêt, la prime de risque me permet de déterminer efficacement si les investisseurs ont de l’appétit ou de l’aversion au risque pour investir sur un titre donné. S’ils éprouvent de l’aversion pour une action, il est préférable d’en rester à l’écart ; si le titre suscite l’appétit des investisseurs, il est avantageux de le mettre en portefeuille.

Mais quand le sentiment de marché est globalement négatif, la plupart des titres voient leur prime de risque augmenter, dans des proportions toutefois différente. Même constat quand le sentiment de marché est globalement positif ; l’aversion au risque diminue sur la plupart des titres mais dans des proportions différentes. Pour sélectionner les gagnants, j’utilise la prime de risque relative qui n’est rien d’autre que la différence entre la profitabilité attendue de l’action et celle de l’indice CAC40.

Mon objectif est de démontrer qu’à partir d’un outil d’aide à la décision boursière relativement simple, la prime de risque, il est possible de battre sur longue période l’indice CAC40, avec uniquement des actions de l’indice et pour un moindre risque. Je rentre ici en conflit direct avec la théorie financière classique en jetant un nouveau pavé contre le dogme de l’hypothèse d’efficience des marchés financiers.

Entre le 10 juillet et le 31 décembre 2011, le portefeuille « prime de risque » a perdu -6,8% contre une chute de -18,5% pour le CAC40. Depuis le début de l’année, il progresse très légèrement de +1,4% tandis que l’indice parisien baisse de -6,6%, ce qui permet d’afficher une surperformance de 8 points de base, avec seulement 4 changements au sein du portefeuille. Depuis le lancement du portefeuille, la surperformance atteint 19,7 points de base, un score remarquable, dans la mesure où il a été réalisé avec uniquement des actions du CAC40.

Les 10 actions actuellement dans le portefeuille sont les suivantes : Air Liquide, EADS, Essilor, Danone, L’Oréal, Lafarge, Publicis, Pernod Ricard, Sanofi et Technip.