Bénéfice, PER et prime de risque du CAC 40


En baisse de -3,9% d’un vendredi sur l’autre, le CAC40 a néanmoins réussi à clôturer la semaine au-dessus du seuil psychologique des 3000 points. Depuis mon alerte baissière du 29 mars dernier, l’indice phare de la Bourse française a perdu 12%.

Pourtant, ce n’est pas du côté des fondamentaux des sociétés qu’il faut rechercher les causes de cette glissade, puisqu’il y a toujours une large majorité de titres dont les révisions des bénéfices s’inscrivent dans une tendance haussière. Très exactement, 31 sociétés de l’indice, alors qu’elles n’étaient que 21 en novembre 2011.

 

 

Sur le plan de la valorisation boursière, l’indice CAC40 affiche un multiple de capitalisation de l’ordre de 10,5 fois les bénéfices à 12 mois. Ce PER prévisionnel est en baisse de 2 points par rapport au plus haut annuel, quand l’indice CAC40 a touché les 3600 points.

Pour l’heure, la diminution du PER résulte uniquement de la baisse de l’indice, dans la mesure où le bénéfice prévisionnel des 40 plus grosses capitalisations de la Bourse de Paris est quasiment stable depuis le début de l’année. Les causes de la chute du marché ne sont donc pas à rechercher dans une quelconque détérioration des perspectives bénéficiaires des entreprises, mais bel et bien dans une augmentation de l’aversion au risque des investisseurs. Cette aversion au risque étant toujours liée aux problèmes monétaires de la zone euro.

 

 

Sur la base du critère du PER, l’indice CAC40 apparaît donc sous-évalué de l’ordre de 20%. Toutes choses égales par ailleurs, c'est-à-dire à stabilité des bénéfices attendus, l’indice CAC40 devrait donc se situer à 3600 points.

Mais voilà, c’est sans compter l’aversion au risque. La prime de risque de l’indice CAC40 est en effet remontée à 8,1%, après un plus bas de l’année à 6,5% au mois de mars dernier. Cet indicateur n’est plus très loin du seuil historique des 9%, qui a déjà été testé deux fois par le passé. L’histoire se répètera-t-elle une troisième fois et l’aversion au risque s’arrêtera-t-elle à ce niveau ?

Gageons que oui, car la prime de risque du CAC40 entrerait alors en « terra incognita », avec des conséquences fortement baissières pour l’indice parisien.

 


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