Les français et l’aversion pour la Bourse

Jérôme Boumengel 0
Les français et l’aversion pour la Bourse

Selon la dernière enquête de l’Insee sur le patrimoine des français en 2010, 92% des ménages détiennent des placements financiers et 61,7% dispose d’un bien immobilier. Quant à la répartition de l’épargne financière, elle est toujours distribuée selon une loi de puissance : 90% des ménages français dispose d’une épargne financière inférieure à 100 000€ ; 8% dispose d’une épargne comprise entre 100 000€ et 500 000€ et seulement 2% dispose d’une épargne supérieure à 500 000€.

D’autre part, avec un niveau de 17%, le taux d’épargne des français est l’un des plus élevés d’Europe. Toutefois, compte tenu des rapports difficiles que les français entretiennent avec la Bourse, ce niveau d’épargne élevé ne profite guère à cette dernière.

Cette enquête nous apprend en effet que depuis 2004, la proportion des français détenteurs de valeurs mobilières est passée de 24,2% à 19,3%. Encore plus surprenant, on y apprend également que pour la première fois depuis sa création en 1992, le nombre de plans d’épargne en actions (PEA) a reculé ! La crise financière de 2008 et le marché baissier qui a suivi sont encore bien ancrés dans les mémoires.

Mais où les français ont-ils alors placé leur argent ? Ce n’est une surprise pour personne, l’épargne a d’abord alimenté la pierre. L’enquête de l’Insee indique qu’entre 2004 et 2010, la part des ménages possédant un patrimoine immobilier a augmenté de 1,4 point pour atteindre 61,7%, de sorte que 58% des ménages sont maintenant propriétaires de leur résidence principale. Il faut dire que les prix de l’immobilier ancien n’ont jamais été aussi hauts. La Chambre des notaires de Paris et d'Ile-de-France estime que pour 2010, la hausse à Paris devrait atteindre environ 20%.

Dans la catégorie des placements financiers, et malgré son faible rendement, le livret A est plébiscité par 55% des épargnants. Rien de surprenant dans la mesure où 80% des ménages recherchent avant tout la sécurité dans leurs placements. Et si l’on en croit également une autre étude, celle du dernier  baromètre Epargne de l’institut TNS Sofres, les actions devraient rester en queue de peloton puisque moins de 5% seulement des sondés déclarent avoir l’intention d’en acheter au cours des prochains mois.

C’est vrai que si l’on compare les performances de la Bourse avec celles des emprunts d’Etat et de l’immobilier ancien depuis 1992, on ne peut pas dire que les épargnants aient fait le mauvais choix. Sur cette période, les prix ont progressé de 118% pour l’immobilier ancien (Paris intra muros), 95% pour l’indice CAC40 et 36% pour les obligations d’Etat (Cf. graphique ci-dessous).

comparaison actions, obligations, immobilier
Pourtant, à l’aube de cette nouvelle décennie, nous pensons qu’il est temps de réorganiser l’allocation d’actifs. La chambre des notaires de Paris s’attend à une stabilisation des prix de l’immobilier en 2011. Les placements monétaires offrent des rendements réels souvent négatifs et que dire des emprunts d’Etat dont le risque de perte en capital augmente au fur et à mesure que la reprise économique s’affirme.

Afin d’améliorer la rentabilité de son patrimoine en 2011, nous préconisons une augmentation de la part des actions dans l’épargne financière. Nous continuerons à privilégier les valeurs qui conjuguent les trois critères d’achat de notre méthodologie : une sous-évaluation du P/E Value, une prime de risque orientée à la baisse et une pression acheteuse supérieure à la pression vendeuse.

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