Allocation d’actifs : actions françaises ou actions américaines ?

Jérôme Boumengel 3
Allocation d’actifs : actions françaises ou actions américaines ?

Avec une perte pour le CAC40 de 3% depuis le début de l’année, contre une progression de 3% pour l’indice Dow Jones, faut-il continuer à privilégier les actions américaines au détriment des actions françaises ?

Sur un plan macro-économique, il n’y a pas photo entre les deux pays et la supériorité de l’économie américaine est toujours d’actualité. Pour 2015, la croissance du PIB français a été de +1,1% contre +2,4% pour les Etats-Unis. Le taux de chômage est de 10% en France alors qu’il est de seulement 5% aux Etats-Unis. Et selon la plupart des instituts de conjoncture, cet écart entre les deux économies devrait se poursuivre en 2016.

Mais sur le plan des fondamentaux des sociétés, la situation est toutefois inverse. La croissance des résultats des sociétés américaines est en baisse constante depuis mai 2015, avec un momentum des prévisions de bénéfices devenu négatif pour les valeurs du Dow Jones.

Quant aux résultats des sociétés françaises, ils se portent beaucoup mieux, en raison notamment de la dépréciation de l’euro et de la baisse des prix de l’énergie. Le momentum affiche une croissance positive proche de 5%.

 


Les valorisations sont également un peu moins élevées. Le P/E à 12 mois de l’indice CAC40 est revenu à 14,7, tandis que celui de l’indice Dow Jones est à 15,7.

Il est alors légitime de se demander pourquoi la surperformance des résultats des sociétés françaises ne se retrouve toujours pas dans leurs cours de Bourse. L’analyse des primes de risque apporte une réponse à cette question.

Pour les actions du CAC40, la prime de risque prévisionnelle atteint +7,2% contre seulement +5,9% pour les valeurs du Dow Jones. Avec la chute des Bourses mondiales en début d’année, l’aversion au risque a été plus forte sur les valeurs françaises que sur les valeurs américaines. C’est une constante, dans les périodes d’incertitude les actions américaines résistent beaucoup mieux que leurs homologues françaises ou européennes.

 

Toutefois, le spread entre les deux primes de risque a atteint un niveau élevé, voisin de celui qu’il avait atteint lors de la crise grecque de 2011. Compte tenu de l’incertitude liée au Brexit, il est probable que le spread se maintienne à ce niveau, mais à terme, il devrait se résorber.


Le signal d’une période de surperformance des actions françaises sera donné lorsqu’il retombera au-dessous de ses moyennes mobiles de référence. Dans l’attente, je préfère continuer à surpondérer les actions américaines.

 

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Commentaires

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andre TORRA 15/04/2016

bonjour,

 

je partage votre diagnostic actuel et vos conclusions.

 

Il ne sert à rien de promouvoir des contre tendances s'apparentant au jeu et souvent improductives.

Accessoirement où peut-on trouver le spread de prime de risque ?

bonne journée

Jérôme Boumengel 15/04/2016

Concernant le spread de prime de risque, je le calcule moi même à partir des données facset, mais vous pourrez le retrouvez chaque mois sur le site.

Bien à vous


Fred BAUD 16/04/2016

Bonjour Jerome,

Habituellement j'écoute avec beaucoup d attention votre avis mais cette fois je préfère n'investir ni dans l'un ni dans l'autre.

Lorsque je regarde l'evolution des principales places boursieres sur un an, nous sommes toujours en territoir négatif dans 80pr cent des cas.

Bonne soirée