Acheter ou vendre des titres de dividendes lorsque le marché s'emballe

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Acheter ou vendre des titres de dividendes lorsque le marché s'emballe

L'investisseur orienté dividendes est plus préoccupé du rendement qu'il peut obtenir d'une action que de la plus-value qu'il peut gagner sur son cours. En un sens, son profil est plus proche de celui d'un investisseur immobilier que de celui d'un trader, même s'il se base sur les mêmes actifs que ce dernier. Les principes de l'investissement dans les dividendes sont relativement simples : on recherche un rendement qui doit certes être attractif, mais surtout solide, durable et si possible croissant.

 

Tout cela fonctionne très bien quand le marché se situe à des niveaux attractifs, comme en 2003 ou 2009, puisque l'on peut acheter au meilleur prix des rentes de dividendes. Si les titres ont l'habitude d'augmenter régulièrement leurs distributions, le rendement par rapport au coût d'achat, déjà intéressant au départ, prend rapidement l'ascenseur. Le titre devient alors une véritable vache à lait dans un portefeuille. Par exemple, un rendement de 3.5% progressant au rythme de 10% par année, atteint pas loin du double, soit 6.82%, en l'espace de sept ans seulement.

 

Mais quand le marché est haut comme aujourd'hui, les éternelles questions resurgissent. Est-ce qu'il vaut encore la peine d'acheter ? Ne doit-on pas au contraire vendre et prendre ses bénéfices ? Etant de nature prudente, je préfère éviter autant que possible les périodes où le nombre d'acheteurs est plus important que le nombre de vendeurs. Les chances d'être perdant en jouant à la hausse sont en effet significatives. Mais par chance il existe même durant ces phases des titres qui restent mal aimés du grand public. Même s'ils sont rares, ils peuvent encore représenter de jolies opportunités.

 

Faut-il vendre a contrario les titres avec lesquels on a réalisé de substantielles plus-values ? En investissant dans les dividendes, et en particulier dans les dividendes croissants, on cherche à obtenir un rendement par rapport au coût d'achat le plus élevé possible sur le long terme. En conservant son titre sur de longues périodes, au fur et à mesure que les distributions sont augmentées, ce rendement progresse, que le cours de l'action monte ou qu'il baisse. Ainsi, même durant le marché baissier consécutif à la crise des subprimes, les sociétés de qualité versant des dividendes croissants ont continué à faire progresser leurs distributions.

Puisque l'on se focalise sur le rendement sur coût d'achat, la hausse du cours et le rendement courant importent peu. Qu'un titre n'offre aujourd'hui que du 1.5% parce que le cours a fortement progressé n'est pas forcément un signal de vente. Si on a acquis cette action pour un rendement de 3.5% il y a sept ans et que les dividendes ont progressé de 10% par année, le rendement par rapport au coût d'achat est de près de 7% aujourd'hui. Solder cette position sous prétexte de réaliser une plus-value, c'est renoncer à une rente qui est non seulement très généreuse, mais qui a de plus toutes les chances de progresser encore et encore dans le futur.

 

La seule raison qui devrait inciter l'investisseur à vendre ses titres payeurs de dividendes croissants, c'est un changement dans les fondamentaux du titre qui ne lui permettent plus d'assurer le paiement actuel et futur de ses distributions. A ce titre il convient de surveiller en particulier l'évolution du ratio de distribution (part des dividendes versées par rapport au bénéfice). Une baisse durable ou importante des bénéfices pourrait avoir comme conséquence de faire augmenter ce dernier significativement. S'il s'approche des 100%, il y a de très fortes chances que l'entreprise ne sera plus en mesure de faire croître ses dividendes dans le futur. Peut-être même qu'elle devra le réduire, ou pire, suspendre son paiement.

Commentaires

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Sovanna SEK 26/04/2013

Bonsoir,

Je rajouterai qu'il faut combiner ce ratio de distribution avec d'autres tels que le gearing, la solvabilité, le retour sur fonds propres afin de se faire une idée de l'entreprise cotée au niveau financier et surtout fondamental.

Cordialement.