2016 : l’année où la Chine s’écroula ?

Jérôme Boumengel 3
2016 : l’année où la Chine s’écroula ?

Il n’aura fallu qu’une petite dépréciation de 0,5% du cours officiel de la monnaie chinoise face au dollar, pour secouer les Bourses du monde entier.

Cette dévaluation, orchestrée par la banque centrale chinoise, ne montre t’elle pas que la première économie des pays émergents, locomotive de l’économie mondiale depuis une décennie, est beaucoup plus fragile que ce que l’on voudrait nous faire croire ?

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai toujours pensé qu’il ne fallait accorder aucun crédit aux déclarations et à la publication de statistiques d’un Etat non démocratique. Je ne suis même pas sûr que la dictature chinoise connaisse véritablement la situation économique du pays…

Endettement massif, surinvestissement, bulle immobilière et boursière, corruption et inégalités sociales, minorités brimées, pollution dramatique, censure, les problèmes de la Chine tant économiques qu’au plan de l’harmonie sociale ne manquent pas…

Pour sortir de l’impasse et éviter une récession économique qui se traduirait forcément par une remise en cause du régime politique chinois, il semble que les autorités en place n’aient pas trouvé d’autres moyens plus originaux que la dévaluation compétitive de leur monnaie, au risque de s’engager dans une guerre des monnaies, dont j’ai un peu de mal à envisager des conséquences positives...

Mais en voulant donner un coup de pouce à leurs exportations, la baisse du Yuan présente également des inconvénients pour l’économie chinoise.

1) Elle va gonfler les dettes en $ des entreprises chinoises dont la solidité financière est plus que douteuse.

2) Elle va renchérir le coût des importations libellées en devises étrangères.

3) Elle fait également peser un risque de sortie massive de capitaux du pays.


Comme risque supplémentaire de cette stratégie mercantile, le danger de voir d’autres économies émergentes imiter la Chine pour défendre leur compétitivité, est loin d’être nul.

Autant le dire, je ne suis pas capable de mesurer l’équilibre de la balance entre ces différents facteurs…

En revanche, je suis plus que jamais convaincu qu’il faut se tenir à l’écart de la zone géographique constituée par les pays émergents, que ce soient les actions ou les obligations.

Fuir les pays émergents 

Pour 2016, j’envisage notamment une chute des Bourses émergentes. Mesurée à l’aune du tracker Lyxor MSCI Emerging Markets (en €), la chute devrait au moins atteindre 25% (Cf. chart ci-après).

Par ailleurs, cette classe d’actifs continue de sous-performer les Bourses occidentales depuis maintenant 5 années, et rien n’indique que la situation va se retourner à moyen terme.


 

Bien entendu, ces événements ne seront pas sans conséquences sur les Bourses des pays occidentaux. Je pensais que le SP500 pouvait profiter de l'effet janvier pour remonter un peu avant de sombrer, mais cela n'est pas le cas. Quant à l'indice CAC40, son retour à 4000 points est pour moi une quasi-certitude.

 

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